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Yudhisen Mardaymootoo: Le 20/01/2026 à 16:32 | MAJ à 20/01/2026 à 16:34
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Publié : Le 20/01/2026 à 16:32 | MAJ à 20/01/2026 à 16:34
Par : Dooshina Appigadu

La question de la souveraineté de l’archipel des Chagos s’est imposée, au fil des décennies, comme l’un des dossiers de décolonisation les plus emblématiques devant les instances internationales. Longtemps figée, elle a connu une accélération décisive à partir de 2019, jusqu’à l’accord historique conclu entre Maurice et le Royaume-Uni.

Le 25 février 2019 marque un tournant majeur. Saisie par l’Assemblée générale des Nations unies, la Cour internationale de Justice rend un avis consultatif sans ambiguïté : la séparation de l’archipel des Chagos de Maurice par le Royaume-Uni en 1965, trois ans avant l’indépendance mauricienne, est jugée illégale au regard du droit international.

La CIJ estime que le processus de décolonisation de Maurice n’a jamais été mené à son terme, et enjoint au Royaume-Uni de mettre fin à son administration du territoire « dans les plus brefs délais ». Même si l’avis n’est pas juridiquement contraignant, il constitue une victoire diplomatique majeure pour Maurice.

Quelques mois plus tard, en mai 2019, l’Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution historique accordant au Royaume-Uni un délai de six mois pour se retirer des Chagos. Une large majorité d’États membres soutient Maurice, isolant Londres sur la scène internationale.

Depuis, les Nations unies, leurs agences spécialisées et plusieurs organisations internationales reconnaissent progressivement la souveraineté de Maurice sur l’archipel, renforçant la légitimité de Port-Louis dans ce long bras de fer diplomatique.

Après des années de négociations discrètes, Maurice et le Royaume-Uni parviennent finalement à un accord bilatéral qualifié d’historique. Celui-ci prévoit la reconnaissance de la souveraineté mauricienne sur l’archipel des Chagos, tout en préservant le fonctionnement de la base militaire stratégique de Diego Garcia, exploitée conjointement par le Royaume-Uni et les États-Unis.

L’accord intègre également des engagements financiers en faveur de Maurice, ainsi que des dispositions liées à la sécurité régionale et aux intérêts stratégiques occidentaux dans l’océan Indien.

Dans un contexte géopolitique marqué par les rivalités entre grandes puissances, Donald Trump avait en avril 2025,

publiquement salué l’accord, mettant en avant la stabilité stratégique qu’il garantit dans l’océan Indien.

Le président américain a notamment souligné l’importance cruciale de Diego Garcia pour la sécurité des États-Unis et de leurs alliés, estimant que l’accord trouvait un équilibre entre le respect du droit international, la reconnaissance des revendications mauriciennes et la préservation des intérêts militaires américains.

Nouveau rebondissement ce mardi 20 janvier 2026. Le président américain Donald Trump a qualifié de « grande stupidité » l’accord prévoyant la restitution de l’archipel des Chagos par le Royaume-Uni à Maurice, au moment même où il évoque la possibilité pour les États-Unis d’acquérir le Groenland.

Sur le plan législatif, le Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill entre, ce 20 janvier 2026, dans une nouvelle phase clé. Adopté par la Chambre des Lords avec amendements, le texte est désormais transmis à la Chambre des Communes, une étape déterminante avant une éventuelle adoption définitive.