La déclaration fracassante de Donald Trump contre le Royaume-Uni au sujet des îles Chagos soulève une question : s’agit-il d’une véritable inquiétude stratégique américaine ou plutôt d’une réaction politique à la position ferme de Londres contre ses ambitions sur le Groenland ?
Dans un message publié ce mardi, sur son réseau Truth Social, le président américain a vivement critiqué le Premier ministre britannique Keir Starmer, l’accusant d’un « acte de grande stupidité » pour avoir accepté de restituer l’archipel des Chagos à Maurice. Selon Donald Trump, la décision de Londres de céder la souveraineté de Diego Garcia – site d’une base militaire américaine majeure – constitue une preuve de « faiblesse totale », qui aurait été immédiatement remarquée par la Chine et la Russie.
« Le Royaume-Uni prévoit de donner l’île de Diego Garcia à Maurice, et ce sans aucune raison valable », a dénoncé le président américain, estimant que cette décision justifiait pleinement son exigence de voir les États-Unis acquérir le Groenland. « Le Danemark et ses alliés européens doivent faire ce qu’il faut », a-t-il ajouté, liant directement les deux dossiers.
Cette sortie intervient toutefois dans un contexte diplomatique tendu entre Washington et Londres. Quelques heures plus tôt, KeirStarmeravait publiquement rejeté les menaces de Donald Trump concernant une éventuelle guerre commerciale si le Danemark refusait de céder le Groenland aux États-Unis. Le chef du gouvernement britannique avait qualifié ces pressions de « totalement inacceptables », réaffirmant son soutien à la souveraineté danoise.
Dès lors, l’attaque du président américain contre l’accord sur les Chagos apparaît comme une riposte politique. En ciblant une décision prise par Londres dès mai dernier – sous l’ancien gouvernement conservateur mais confirmée par les travaillistes – Donald Trump semble vouloir mettre la pression sur un allié européen qui s’oppose à ses ambitions territoriales.
L’accord signé entre le Royaume-Uni et Maurice prévoit le retour de souveraineté de l’archipel à Port-Louis, tout en garantissant aux États-Unis et aux Britanniques un bail de 99 ans pour l’exploitation de la base militaire de Diego Garcia, moyennant un paiement annuel de 101 millions de livres sterling. Pour Londres, il s’agit d’un compromis diplomatique mettant fin à des décennies de litige colonial tout en préservant les intérêts stratégiques occidentaux.
Mais pour Donald Trump, cet arrangement envoie un « signal de faiblesse » aux grandes puissances rivales. « La Chine et la Russie ne respectent que la force », a-t-il martelé, se présentant comme le seul dirigeant capable de restaurer l’autorité américaine sur la scène internationale.
Pourtant, en avril dernier, le journal britannique The Telegraph révélait que le gouvernement mauricien avait exprimé sa gratitude au président des États-Unis, Donald Trump, pour son soutien à l’accord négocié avec le Royaume-Uni concernant la rétrocession des îles Chagos. Selon le média, les discussions entre les deux pays avaient alors atteint leur phase finale, et l’appui de l’administration Trump aurait contribué à accélérer le processus.