L’ancien chef du gouvernement Pravind Jugnauth a de nouveau comparu ce jeudi 26 février 2026 devant la Cour de district de Pamplemousses, dans le cadre de l’enquête menée par la Financial Crimes Commission (FCC) relative à la saisie de plusieurs valises contenant des liasses de billets en roupies mauriciennes et en devises étrangères, estimées à environ Rs 113 millions.
L’audience de ce jeudi était essentiellement procédurale. La défense, représentée par Me Raouf Gulbul, a plaidé une nouvelle fois pour obtenir de la FCC une liste précise des personnes avec lesquelles Pravind Jugnauth ne doit pas interférer, conformément aux conditions strictes de sa liberté conditionnelle, notamment l’interdiction de contacter des témoins ou des personnes impliquées dans l’enquête.
Me Raouf Gulbul a expliqué à la magistrate que son client, en tant que personnalité publique et leader politique, est amené à rencontrer quotidiennement de nombreuses personnes dans le cadre d’activités sociales et politiques. Sans une liste claire et officielle des personnes à éviter, il serait exposé, selon la défense, à commettre involontairement une violation de ses obligations judiciaires. Il a donc réitéré la demande de transparence pour permettre à son client de se conformer strictement aux conditions imposées par la cour.
De son côté, la FCC a refusé d’accéder immédiatement à cette requête, estimant que l’enquête n’est pas encore terminée et qu’une telle divulgation pourrait compromettre les démarches en cours. Selon le dossier, un total d’au moins 68 personnes a déjà été questionné dans cette affaire, mais l’ancien Premier ministre ne connaît directement que trois d’entre elles — à savoir les coaccusés Josian Deelawon, Chandradeo Oumah et Devianee Ramchurn — ce qui laisse environ 65 personnes dont les noms n’ont pas été divulgués à la défense.
Les arguments des deux camps ont été présentés devant la magistrate. La défense plaide pour la sécurité juridique et la conformité aux conditions de libération, tandis que la FCC maintient que l’enquête reste active et que toute communication de noms pourrait entraver le processus.
La prochaine étape judiciaire a été fixée au 20 mai 2026, date annoncée pour le rendu du verdict sur la motion débattue aujourd’hui.