Les travaux de la commission d’enquête instituée pour faire la lumière sur le décès du détenu Andy Selmour à la prison de haute sécurité de Melrose ont repris ce vendredi 6 mars au siège de l’Environment and Land Use Appeal Tribunal, à Port-Louis, sous la présidence de l’ancien juge de la Cour suprême, Paul Lam Shang Leen.
Plusieurs officiers pénitentiaires ont été appelés à la barre des témoins afin de retracer le déroulement des événements survenus le 9 décembre, jour où Andy Selmour a été agressé.
L’un des témoins, le Superintendent of Prisons B., a expliqué que dans un premier temps, Selmour aurait affirmé qu’il avait chuté, sans mentionner qu’il avait été battu. Ce n’est qu’après l’examen des images des caméras de surveillance que l’agression aurait été confirmée.
Le témoin a également indiqué avoir été informé plus tard dans l’après-midi que l’état de santé du détenu se détériorait. Selmour avait été conduit à l’unité médicale avant que des instructions ne soient données pour son transfert vers l’hôpital Jawaharlal Nehru. Toutefois, selon son témoignage, aucune mention d’urgence n’aurait été indiquée au moment de la demande de transfert.
Au cours de l’audience, la question du manque d’effectifs au sein de la prison a également été soulevée. Selon les explications fournies, une cinquantaine d’officiers seraient normalement nécessaires pour assurer certaines opérations de sécurité, alors qu’environ 37 seulement étaient présents ce jour-là.
Des difficultés auraient également été rencontrées pour trouver des officiers disponibles afin d’assurer l’escorte du détenu vers l’hôpital.
Lors de son interrogatoire, l’avocat de la famille Selmour, Me Deepak Rutnah, a soutenu que toutes les mesures nécessaires n’auraient pas été prises à temps pour sauver le détenu. Le témoin, pour sa part, a affirmé que tout ce qui était possible avait été fait dans les circonstances.
Un autre officier pénitentiaire, qui était ce jour-là affecté à l’unité hospitalière de la prison, a également été entendu. Il a expliqué qu’au moment où il a pris son service en soirée, plusieurs détenus se trouvaient déjà à l’unité médicale. Selon son témoignage, l’état d’Andy Selmour s’est détérioré peu après, nécessitant des tentatives de réanimation avant l’arrivée du SAMU vers 20 h 15.
Le décès d’Andy Selmour a finalement été constaté par le médecin du SAMU vers 20 h 25.
Les témoignages ont également mis en lumière certaines réalités au sein de l’établissement pénitentiaire. Des officiers ont évoqué la circulation et la consommation de drogues en prison, notamment du cannabis et des substances synthétiques, introduites illégalement depuis l’extérieur. Selon eux, ces trafics alimentent souvent des tensions et des affrontements entre détenus, ce qui complique davantage la gestion de la population carcérale.
La commission d’enquête poursuit ses auditions afin d’établir les circonstances exactes ayant conduit au décès d’Andy Selmour.