Le gouvernement s’apprête à engager une réforme majeure de la législation sur la violence domestique. Le Domestic Abuse Bill vise à renforcer la protection des femmes et à reconnaître officiellement les différentes formes de violences auxquelles elles sont confrontées. Pour la première fois dans l’histoire du pays, le texte introduira la notion de féminicide dans l’arsenal juridique mauricien.
C’est lors d’une journée portes ouvertes destinée aux institutions offrant des formations aux carers et caregivers, tenue le 22 janvier à Port-Louis, que la ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, a annoncé la tenue d’un atelier de validation du projet de loi, prévu les 26 et 27 janvier.
Le féminicide constitue une forme extrême de violence à l’égard des femmes et peut, dans certaines sociétés, être associé à des crimes dits d’honneur, lorsque des femmes sont tuées au nom de l’honneur familial ou conjugal. À Maurice, son intégration dans la législation permettra non seulement de renforcer la protection des femmes, mais aussi d’introduire des conséquences juridiques concrètes. En cas de meurtre, il faudra désormais démontrer que la victime a été ciblée en raison de son statut de femme.
Le projet de loi prévoit également un élargissement du champ des victimes et des situations concernées. Alors que la loi de 1997 sur la protection contre la violence domestique se limitait essentiellement aux couples mariés, le nouveau texte inclura toutes les personnes partageant le même toit, ainsi que toutes formes de relations, afin de mieux refléter la réalité contemporaine des violences domestiques.
L’introduction du féminicide dans la loi constitue à la fois un geste symbolique fort et une avancée concrète dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle vise à briser le silence entourant ces violences et à reconnaître juridiquement des réalités longtemps marginalisées, telles que le viol conjugal, encore difficile à dénoncer et à prouver, malgré les quatre amendements apportés à la loi depuis 1997.
À travers le Domestic Abuse Bill, Maurice réaffirme ainsi son engagement à lutter contre la violence domestique et à mieux protéger les victimes, envoyant un signal fort tant au niveau national qu’international.