Depuis plusieurs années, la lutte pour la libération de 81 femmes emprisonnées pour des raisons liées à l’avortement en El Salvador semblait porter ses fruits. Cependant, l’instauration de l’état d’urgence par le président Nayib Bukele a marqué une régression majeure des droits des femmes dans le pays. Sous prétexte de lutter contre la violence des gangs, le régime a suspendu de nombreux droits civiques, facilitant la criminalisation des femmes victimes d’avortements spontanés ou d’urgences obstétriques.
Les professionnelles de santé et les avocats dénoncent une recrudescence des arrestations arbitraires, souvent sans accès à une défense adéquate. Des femmes sont poursuivies pour homicide aggravé, avec des condamnations pouvant aller jusqu’à 50 ans de prison. La peur s’est installée, empêchant toute intervention médicale ou juridique, tandis que les caméras dans les hôpitaux renforcent la surveillance oppressive. Les défenseurs des droits craignent que cette répression ne devienne un modèle pour d’autres pays d’Amérique latine, aggravant la régression des droits des femmes dans la région.