Le recours à la main-d’œuvre étrangère a connu une hausse significative à Maurice en 2025. Selon les derniers chiffres du ministère du Travail, 47 680 permis de travail avaient été délivrés au 31 octobre, contre 37 768 fin 2023, soit une augmentation de 26 % en deux ans. Cette évolution relance le débat sur le traitement des travailleurs étrangers, notamment en cette période de fin d’année où la question du bonus est particulièrement sensible.
Reaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), insiste sur le principe d’égalité inscrit dans la Constitution mauricienne, qui garantit les mêmes droits à tous les travailleurs, quelle que soit leur nationalité. Il cite notamment un cas récent où un travailleur étranger aurait été privé de salaire faute de permis de travail valide.
De son côté, le ministre du Travail, Reza Uteem, rappelle que « la loi est sévère en ce qui concerne les travailleurs étrangers, mais malheureusement certains employeurs ne respectent toujours pas le cadre légal ». Il met en avant le rôle de la Special Migrant Unit, chargée de contrôler les conditions de travail des migrants, et dénonce l’exploitation persistante, en particulier des salariés dont le permis n’est pas encore régularisé.
Le ministre Reza Uteem lance un appel ferme aux employeurs : le non-respect de la législation entraîne des sanctions lourdes. « La majorité des employeurs se conforment toutefois au cadre légal », précise-t-il, rappelant que le respect des droits des travailleurs reste une priorité nationale.