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Keshinee: Le 28/01/2026 à 08:38 | MAJ à 28/01/2026 à 08:40
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Tevin Sithanen
Publié : Le 28/01/2026 à 08:38 | MAJ à 28/01/2026 à 08:40
Par : La Redaction

Le tribunal de district de Upper Plaines Wilhems a rendu sa décision ce mardi 27 janvier 2026 dans l'affaire opposant la police à Tevindren Sithanen (Tevin). La magistrate Shavina Jugnauth a rejeté la motion de la défense visant à annuler la charge provisoire pesant sur l'accusé pour des propos injurieux sur WhatsApp.

Tout commence le 12 novembre 2024. Selon les éléments de l'enquête, lors d'un appel de groupe WhatsApp initié depuis Dubaï par Louis Vincent Stephan Adam, directeur de Menlo Park Ltd, des insultes d'une rare violence auraient été proférées à l'encontre d'Aditi Boolell, secrétaire de la compagnie Menlo Park Ltd.

Les propos rapportés dans l'acte d'accusation font état d'une série d'injures à caractère sexiste et dégradant. L'affaire a pris une dimension publique lorsqu'un enregistrement audio de l'appel, intitulé "Tone laké chat", a fuité sur les réseaux sociaux en septembre 2025.

L'avocat de Tevindren Sithanen, Me Imtihaz Mamoojee S.C., avait pourtant déployé une défense technique musclée. Il s'appuyait notamment sur un rapport de Quintel International Intelligence UK, une firme d'expertise britannique, affirmant qu'il n'existait aucune preuve de messages WhatsApp émanant de son client envers la plaignante.

Cependant, la magistrate a relevé une faille de taille dans cet argument : la charge provisoire ne concerne pas des messages écrits, mais bien un appel vocal de groupe. Pour la Cour, le rapport britannique ne permet donc pas, à ce stade, d'infirmer les soupçons de la police.

Dans son jugement, la magistrate Shavina Jugnauth a rappelé les principes fondamentaux du droit mauricien concernant les charges provisoires :

Contrôle Judiciaire : La charge provisoire sert avant tout à placer une arrestation sous la supervision d'un juge pour éviter les détentions arbitraires.

Le seuil de preuve : À ce stade, la police n'a pas besoin de prouver la culpabilité "hors de tout doute raisonnable", mais doit simplement démontrer une "suspicion raisonnable" basée sur des faits concrets.

La Cour a conclu que les témoignages d’Aditi Boolell et de Stephan Adam, corroborés par la transcription de l'enregistrement audio réalisée par l'IT Unit de la police, constituent une base factuelle suffisante pour maintenir les poursuites.

L'affaire est loin d'être classée. L'enquêteur principal, l'ASP Dussoye, a indiqué que d'autres étapes cruciales sont attendues:

  • Accès au téléphone : L'accusé ayant refusé de remettre son appareil, la police sollicite un ordre d'un juge pour l'examiner.
  • Identification : Un exercice de confrontation et d'identification doit encore être organisé.
  • Décision du DPP : Le dossier sera transmis au Directeur des Poursuites Publiques pour décider de l'institution d'un procès formel.

L'accusation de violation de l'ICTA est maintenue contre Tevin Sithanen, à qui il est reproché d'avoir utilisé un réseau de télécommunication pour diffuser des propos injurieux et nuisibles.