Dans un message publié sur sa page Facebook, le ministre de la Santé, Anil Bachoo, est revenu sur la décision de son ministère de recruter des infirmiers étrangers, tout en apportant une série de précisions sur la stratégie adoptée pour faire face au manque d’infirmiers qui frappe le système de santé.
Le ministre Bachoo souligne qu’en 2025, environ 300 trainee nurses ont été recrutés et sont actuellement en formation. Ces derniers intégreront les hôpitaux publics dans un délai de trois à quatre ans. À cela s’ajoute un plan de recrutement de 700 autres infirmiers stagiaires au cours des deux prochaines années. Selon Anil Bachoo, cette planification structurée vise à reconstruire et à renforcer durablement le corps infirmier mauricien.
Toutefois, le ministre de la Santé reconnaît que des mesures immédiates s’imposent face aux réalités du terrain. Un exercice de recrutement pour embaucher une centaine d’infirmiers sous contrat afin de combler les besoins urgents a été lancé récemment. Mais le nombre de candidatures éligibles reçues s’est avéré insuffisant. Par ailleurs, le Scheme of Service a été amendé pour permettre le recrutement direct d’infirmiers qualifiés, sans passer par la filière de formation initiale. Des réformes qualifiées de « concrètes » par le ministre, destinées à rendre le système plus flexible et durable.
Dans ce contexte, le recours à des infirmiers qualifiés venus de l’étranger est présenté comme une mesure transitoire. Ces professionnels seront engagés sous contrat, le temps que les cohortes formées localement intègrent progressivement le service public. « Il s’agit de protéger les patients et d’alléger la charge de travail qui pèse actuellement sur nos infirmiers en poste », fait valoir le ministre Anil Bachoo.
Il replace également cette décision dans un contexte plus large. Au cours de la dernière décennie, très peu d’infirmiers stagiaires ont été recrutés, alors que de nombreuses licences ont été accordées à des hôpitaux et cliniques privés, sans évaluation suffisante de l’impact futur sur le marché du travail. Résultat : un manque généralisé de médecins et d’infirmiers, tant dans le secteur public que privé.
Le ministre Bachoo affirme vouloir corriger cette situation à travers une planification rigoureuse des ressources humaines. Son engagement, dit-il, est de consolider le système de santé autour d’une main-d’œuvre majoritairement mauricienne et mieux structurée, tout en prenant des mesures responsables à court terme pour éviter toute dégradation des services.
Deux priorités guident cette stratégie, insiste-t-il : garantir une meilleure prise en charge des patients et améliorer les conditions de travail des professionnels de santé.