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Leckhna Sewcoomar: Le 08/03/2026 à 10:49 | MAJ à 08/03/2026 à 10:51
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Publié : Le 08/03/2026 à 10:49 | MAJ à 08/03/2026 à 10:51
Par : Melissa Rachel

Les violences sexuelles contre les enfants restent une réalité largement sous-estimée à Maurice et à Rodrigues. Une étude nationale menée par l’ONG Pedostop révèle des chiffres particulièrement inquiétants et met en lumière un phénomène souvent entouré de silence. Derrière les statistiques, des milliers de victimes et des traumatismes qui peuvent durer toute une vie.

Une étude nationale menée par l’ONG Pedostop en collaboration avec Kantar et avec le soutien de la Fondation Joseph Lagesse révèle l’ampleur alarmante des violences sexuelles subies par les enfants à Maurice et à Rodrigues.

Les chiffres sont préoccupants : 42 % des Mauriciens et 31 % des Rodriguais déclarent avoir subi une forme de violence sexuelle au cours de leur vie. Pourtant, seulement 3 % des cas sont officiellement signalés aux autorités.

L’étude, basée sur plus de 1 500 répondants, montre que ces violences prennent souvent des formes banalisées : regards insistants, commentaires sexuels ou attouchements non désirés. Dans de nombreux cas, les premières agressions surviennent avant l’âge de 18 ans.

Si 70 % des agressions impliquent des inconnus, le rapport souligne aussi que des membres de la famille peuvent être impliqués, révélant une réalité particulièrement préoccupante.

Les conséquences sont lourdes : 7 victimes sur 10 souffrent de troubles psychologiques ou comportementaux, comme l’anxiété, la dépression ou une perte de confiance.

Le rapport met également en évidence le poids du silence : 97 % des violences sexuelles ne sont jamais signalées, souvent par peur, honte ou crainte de ne pas être cru.

Pour Pedostop, ces résultats constituent un appel urgent à l’action. L’ONG plaide pour davantage de sensibilisation, un meilleur accompagnement des victimes et des mécanismes de signalement plus accessibles. Car derrière chaque chiffre, rappelle l’organisation, il y a l’histoire d’un enfant. Briser le silence reste la première étape pour protéger les enfants.