Nouveau développement dans le dossier entourant Mamy Ravatomanga. Nasser Osman Beekhy, l’une des personnes citées dans l’affaire liée à la rencontre tenue à Quatre-Bornes en présence de l’ancien commissaire de la Financial Crimes Commission (FCC), Junaid Haroon Fakim, a remis à la FCC un affidavit ainsi qu’une clé USB contenant une vidéo qu’il présente comme sensible pour l’enquête.
Dans sa déclaration, Nasser Osman Beekhy a affirmé que, depuis son arrestation par la FCC le 24 octobre 2025, ainsi que dans ses déclarations ultérieures faites sous affirmation solennelle devant la Cour, il a constamment soutenu que certaines personnes « très proches du pouvoir politique » auraient été impliquées dans des demandes illégales de sommes importantes à Mamy Ravatomanga et à certains de ses proches.
Il a visé plus particulièrement, dans sa déposition, un conseiller spécial au Prime Minister’s Office, sans toutefois le nommer dans le texte communiqué.
Nasser Osman Beekhy a également indiqué avoir, à plusieurs reprises, fait savoir qu’il était disposé à donner une déclaration formelle et à assister les autorités dans toute enquête sur les actes qu’il qualifie de potentiellement corruptifs. Il a toutefois soutenu que, jusqu’ici, aucune autorité ne l’avait approché ni convoqué pour l’entendre spécifiquement sur ces allégations.
C’est dans ce contexte qu’il a déposé auprès de la FCC un affidavit explicatif accompagné d’une clé USB contenant une vidéo.
Selon lui, cette vidéo reproduit l’enregistrement d’une conversation WhatsApp qui a eu lieu à Bell Village en octobre 2025. Il a précisé que l’enregistrement a été réalisé à partir de son propre téléphone, un Samsung S23, tandis que la conversation elle-même s’est déroulée sur un autre téléphone appartenant à une autre personne également arrêtée par la FCC.
Beekhy a en outre affirmé que les deux appareils sont placés depuis la fin d’octobre 2025 sous la garde exclusive de la FCC.
Il a présenté cet enregistrement comme l’aboutissement de plusieurs demandes antérieures qui auraient été formulées par différentes personnes dans le but, selon lui, « d’extraire de l’argent » de Mamy Ravatomanga.
Ces affirmations restent toutefois, à ce stade, celles de Nasser Osman Beekhy. Elles devront être examinées et vérifiées par les enquêteurs. Le seul dépôt de l’affidavit et de la vidéo ne permet pas, en lui-même, d’établir l’authenticité, la portée ou la qualification pénale éventuelle des faits allégués.
Nasser Osman Beekhy a conclu en affirmant qu’il restait à la disposition de la FCC ou de toute autre institution qui souhaiterait enquêter de manière « véritablement indépendante » sur ces présumés actes de corruption et tentatives d’obtenir illégalement de l’argent de Mamy Ravatomanga.
Cette démarche a ainsi ajouté un nouvel élément au dossier, alors que la rencontre de Quatre-Bornes et les circonstances entourant les échanges entre plusieurs protagonistes restent au cœur de l’un des volets examinés par les autorités.