La question des agressions et actes de molestation visant les policiers en service a été au cœur d’une interpellation parlementaire ce mardi. Répondant au Dr Farad Aumeer, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam a dressé un état des lieux préoccupant tout en détaillant les mesures mises en place pour endiguer ce phénomène.
D’emblée, le chef du gouvernement a fermement condamné toute forme de violence à l’encontre des forces de l’ordre. « Ces hommes et ces femmes sont en première ligne pour assurer la sécurité publique. Toute attaque contre eux constitue une atteinte aux fondements mêmes de notre société », a-t-il insisté.
Selon les données communiquées par le Commissaire de police, entre le 1er janvier 2024 et le 19 mars 2026, 247 personnes ont été arrêtées pour des agressions contre des agents des autorités civiles ou militaires, dont des policiers. À ce jour, 27 condamnations ont été enregistrées.
S’agissant des cas de molestation de policiers, 144 personnes ont été inculpées sur la même période, avec 12 condamnations prononcées.
Le cadre légal prévoit déjà des sanctions sévères. En vertu du Code pénal, une agression contre un agent en service est passible d’une amende pouvant atteindre Rs 25 000 et de deux ans d’emprisonnement. La loi sur la protection des fonctionnaires prévoit, quant à elle, des peines allant jusqu’à Rs 200 000 d’amende et cinq ans de prison en cas d’entrave ou d’agression.
Face à cette situation, plusieurs mesures ont été mises en œuvre par la police. Parmi elles :
- un renforcement de la formation des policiers en matière de sécurité et de techniques de maîtrise ;
- le déploiement d’unités spécialisées, notamment lors d’interventions à risque ou de grands rassemblements ;
- un recours accru aux technologies de surveillance, dont le système Safe City ;
- des campagnes de sensibilisation à travers les programmes de police de proximité.
Le Premier ministre a également annoncé l’introduction prochaine de nouveaux outils. « Les policiers seront équipés de caméras corporelles d’ici la fin du mois de mars et l’usage des tasers sera introduit », a-t-il indiqué, soulignant leur effet dissuasif potentiel.
Le gouvernement entend aller plus loin. Un projet de loi, le Police and Criminal Justice Bill, sera prochainement présenté au Parlement afin de durcir les sanctions contre les auteurs d’agressions visant les policiers.