Le Fonds monétaire international (FMI) lance un avertissement clair aux autorités mauriciennes. Si l'économie du pays demeure résiliente, elle entre dans une phase plus délicate. Dans son dernier rapport, l'institution prévoit un ralentissement de la croissance économique, qui passerait de 3,2 % en 2025 à 2,8 % en 2026. Elle appelle le gouvernement à accélérer les réformes, notamment en matière de finances publiques, de retraites et de productivité, afin de préserver la stabilité économique à long terme.
Pour Georges Chung Tick Kan, économiste et fondateur de l'Ocean Economy AI Lab, un ralentissement de la croissance n'est jamais une bonne nouvelle. L'économiste estime néanmoins que le lancement de nouveaux projets d'investissement pourrait contribuer à soutenir l'activité économique dans les mois à venir.
L'analyse du FMI est également partagée par l'économiste Dr Bhavish Jugurnath. Il souligne que le ralentissement attendu de la croissance s'explique par plusieurs facteurs, notamment les tensions géopolitiques, le ralentissement du tourisme et le niveau élevé de la dette publique, estimée entre 86 et 88 % du PIB. Selon lui, cette situation réduit considérablement les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement.
Pour Ali Mansoor, ancien directeur adjoint du FMI pour la région Afrique, une croissance de 3,2 %, et encore moins de 2,8 %, reste insuffisante pour répondre aux défis auxquels Maurice est confrontée. Selon lui, le pays devrait viser une croissance d'au moins 6 %.
Dans son rapport, le FMI a conclu que Maurice dispose toujours d'une économie solide, mais que le ralentissement de la croissance, le vieillissement de la population et le poids de la dette rendent les réformes plus urgentes que jamais.