Dans un message publié sur sa page Facebook, le ministre de l’Économie bleue, le Dr Arvin Boolell, a réaffirmé sa vision d’un Port mauricien appelé à devenir la pierre angulaire de la nouvelle économie bleue et le moteur de la transformation économique du pays.
Insistant sur la liberté de débat au sein de l’Alliance du Changement, Arvin Boolell souligne l’importance d’échanges « sains et fondés sur la substance », tout en appelant à une réflexion stratégique sur ce qu’il décrit comme « la prochaine frontière du développement » : le Port, véritable colonne vertébrale de l’économie océanique. Selon lui, l’investissement portuaire est un levier productif, porteur d’effets multiplicateurs majeurs pour l’économie nationale.
Le ministre Boolell met en avant le potentiel halieutique du pays, évoquant l’exportation du thon — qualifié d’« or blanc » des eaux pélagiques — ainsi que les importantes ressources des eaux démersales. Il insiste toutefois sur la nécessité d’une exploitation durable, alertant sur les dégâts causés aux océans par le chalutage de fond et les opérations de dragage.
Sur le plan institutionnel, Arvin Boolell rappelle que le Conseil des ministres, sous la présidence du Premier ministre, a mis sur pied un comité ministériel dédié, placé sous la présidence du Vice-Premier ministre. Un dispositif jugé essentiel pour rattraper le retard du pays en matière de performance portuaire. À titre de comparaison, il souligne que près de 35 000 navires empruntent chaque année la route maritime du sud-ouest de l’océan Indien, alors qu’un nombre limité seulement fait escale à Maurice.
Le contexte géopolitique international, marqué par l’instabilité au Moyen-Orient, est présenté comme une opportunité stratégique pour Maurice en tant qu’État océanique. « Le potentiel de devenir un grand petit État océanique n’est pas un mythe », affirme le Dr Arvin Boolell, pour qui le développement massif du Port doit aller de pair avec l’essor de l’économie bleue.
Le ministre de l’Économie bleue revient également sur les dialogues pré-consultatifs sur l’État océanique, lancés le 7 octobre 2025 et étalés sur plus d’une semaine. Ces échanges, qui ont réuni l’ensemble des parties prenantes — pêcheurs, jeunes et acteurs économiques notamment — constituent, selon lui, le prélude aux Assises de l’Océan. Il salue une participation large et inclusive, soulignant que « personne n’a été laissé de côté ».
Une feuille de route est actuellement en préparation avec le soutien de l’Union européenne, tandis que la Banque mondiale a confié à un expert l’élaboration d’un cadre législatif sur l’économie bleue. Arvin Boolell rappelle que Maurice dispose d’atouts considérables, avec une Zone économique exclusive de 2,3 millions de km² et un plateau continental étendu de 400 000 km² partagé avec les Seychelles.
Sur le plan environnemental, le Dr Arvin Boolell réaffirme l’engagement du gouvernement à classer une partie de l’archipel des Chagos comme la plus grande aire marine protégée, tout en mettant en lumière l’importance stratégique de Saya de Malha, qualifiée de « poumon de l’océan Indien occidental » et de puits de carbone majeur, aujourd’hui menacé par le changement climatique et la dégradation des récifs coralliens.
Enfin, le ministre Boolell dresse un panorama des opportunités offertes par le développement portuaire : port vert, soutage, cales sèches, terminaux à conteneurs, port de pêche et marché aux enchères, biotechnologies, énergies renouvelables, tourisme écologique, pêche responsable, activités en haute mer et aquaculture. « La mer offre échelle, portée et profondeur. Un véritable trésor », conclut-il, résumant cette vision sous un concept central : l’économie océanique.