Une rencontre sous-marine avec un bébé cachalot relance le débat sur les conditions d’approche et de tournage des cétacés à Maurice. Après avoir reçu des images montrant une personne semblant filmer l’animal à l’aide d’un dispositif de propulsion sous-marine, l’association #SaveTheBlu demande aux autorités d’examiner le cas et plaide pour des règles nationales plus précises.
L’organisation se garde toutefois de tirer des conclusions hâtives. Elle estime que les images doivent être évaluées de manière indépendante et que les éventuelles autorisations ainsi que leurs conditions doivent être vérifiées avant de déterminer l’impact de cette interaction sur l’animal.
#SaveTheBlu rappelle qu’un bébé cachalot est encore en plein développement. La gestation chez cette espèce dure environ 14 à 16 mois, tandis que les femelles donnent généralement naissance tous les cinq à sept ans. Durant ses premières années, le jeune développe notamment ses capacités physiques, de plongée, sociales et acoustiques sous la protection de sa mère et du groupe.
L’organisation ne soutient pas que ces équipements soient systématiquement dangereux. Elle souligne cependant qu’en augmentant la vitesse et la capacité de manœuvre d’un plongeur, ils peuvent modifier la distance, la durée et la dynamique d’une interaction avec un animal sauvage. Ces paramètres devraient, selon elle, être clairement encadrés.
#SaveTheBlu attire aussi l’attention sur l’environnement acoustique des cachalots, qui utilisent l’écholocalisation pour se repérer et localiser leurs proies. Les caractéristiques acoustiques des équipements motorisés devraient ainsi pouvoir être évaluées lorsqu’ils sont autorisés à proximité des cétacés.
Le collectif demande désormais la création d’une norme nationale encadrant le tournage des cétacés. Elle devrait notamment fixer les distances d’approche, la durée des interactions, les conditions d’accès sous l’eau et l’utilisation d’équipements de propulsion. Une protection renforcée est également réclamée pour les petits et les groupes mère-petit.
L’organisation souhaite également que les permis professionnels précisent clairement les personnes autorisées, les espèces concernées, les zones et périodes de tournage, les équipements permis ainsi que les circonstances imposant l’arrêt d’une interaction.
#SaveTheBlu appelle enfin les autorités à examiner cette rencontre sur les plans scientifique et réglementaire. Au-delà de ce cas, l’organisation souhaite que Maurice se dote d’un cadre plus clair, applicable et transparent pour concilier observation de la faune marine et protection des cétacés.