C’est le Jour J. Ce vendredi 19 juin 2026, tous les regards seront tournés vers l’Assemblée nationale, où le Premier ministre et ministre des Finances, le Dr Navin Ramgoolam, présentera le Budget 2026-2027. Un exercice hautement politique, mais surtout très attendu par une population confrontée à une réalité quotidienne de plus en plus lourde : le pouvoir d’achat recule, les prix pèsent sur les ménages et la patience s’amenuise.
Ce deuxième Budget depuis le retour au pouvoir du gouvernement en novembre 2024 intervient dans un contexte délicat. L’an dernier, le chef du gouvernement avait promis de conduire le pays « de l’abîme vers la prospérité ». Un an plus tard, la question est inévitable : le pont annoncé est-il réellement en construction ou demeure-t-il encore au stade des discours ?
Le Budget 2025-2026 avait misé sur le redressement économique, la consolidation budgétaire et un nouvel ordre social. Certaines mesures fiscales ont bien été mises en œuvre, notamment la réforme des tranches d’imposition, la Fair Share Contribution, l’Alternative Minimum Tax ou encore l’élargissement de la TVA. Mais sur le terrain, le sentiment dominant reste celui d’un effort demandé aux contribuables et aux entreprises, sans amélioration immédiate dans la vie des familles.
Car le grand défi du gouvernement est là : transformer les annonces en résultats visibles. L’économie bleue, l’intelligence artificielle (IA), le tourisme durable, le guichet unique pour les investisseurs, le ‘Bullion Banking’ ou encore la ‘Climate Finance Unit’ figurent parmi les promesses encore inabouties. À force de calendriers flous et de projets en attente, l’exécutif s’expose à une critique de plus en plus insistante : celle d’un déficit d’exécution.
Pour les Mauriciens, les attentes sont claires. Ils veulent savoir si le gouvernement compte protéger davantage les revenus, maintenir ou revoir le revenu minimum garanti de Rs 20 000, contenir le coût de la vie et offrir des réponses concrètes sur l’emploi, le logement, le transport et les produits essentiels. Pour les entreprises, l’enjeu est celui de la stabilité fiscale et de la compétitivité.
Ce budget sera donc plus qu’un document comptable. Il sera un test de crédibilité. Navin Ramgoolam devra rassurer sans promettre l’impossible, soutenir les ménages sans compromettre les finances publiques et relancer l’économie sans alourdir davantage la charge fiscale.
Ce vendredi, le gouvernement joue gros. Après le temps des promesses, voici venu celui des preuves.