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Sahil Jeemon: Le 13/07/2026 à 11:10 | MAJ à 13/07/2026 à 11:12
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Publié : Le 13/07/2026 à 11:10 | MAJ à 13/07/2026 à 11:12
Par : Vanessa Mathews Saramandif

Le thermomètre affiche enfin des valeurs plus clémentes au Maroc, mais ce répit ne doit pas tromper : pour les experts, la menace est devenue structurelle. Avec trois vagues de chaleur déjà enregistrées depuis mai, les canicules ne sont plus une anomalie, mais la nouvelle norme. Et face à ce choc climatique, notre système de santé semble pris de court.

C'est un cri d'alarme que lance le Dr Hamdi Tayeb, chercheur en politiques de santé. Le problème est double : l'intensité des épisodes, d'une part, et l'opacité des données de l'autre. Faute de chiffres officiels et précis sur la surmortalité, nous naviguons à vue. Les décès liés à la chaleur sont, selon toute vraisemblance, largement sous-estimés dans les statistiques nationales.

Pourtant, le drame a déjà frappé. En 2024, à Béni Mellal, 21 personnes avaient perdu la vie au sein même de l'hôpital, révélant au grand jour les failles de nos infrastructures. Ce tragique événement a agi comme un révélateur : nos hôpitaux ne sont, pour beaucoup, pas conçus pour protéger les plus vulnérables lors des pics de température.

Pour les spécialistes, il est impératif de changer de logiciel. Au-delà des plans de veille saisonniers activés chaque année par le ministère de la Santé, c'est une refonte structurelle qui s'impose. Former le personnel médical aux nouveaux risques, repenser l'architecture des bâtiments, et surtout, l'urgence immédiate : climatiser les services ou, à défaut, créer des unités de refroidissement dédiées dans chaque établissement de santé.

Le plan national de gestion des vagues de chaleur est activé, les services d'urgence sont sur le pont. Mais pour les experts, cette réponse reste celle de l'urgence conjoncturelle. Face à un climat qui ne laisse plus de répit, le défi de demain est celui d'une adaptation durable de tout notre système de soins.