Qui consomme aujourd’hui de la cocaïne à Maurice ? La question se pose avec les récentes saisies réalisées par l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU), dont les 681 grammes de cocaïne saisis à Brisée-Verdière. Pendant longtemps, la cocaïne était considérée comme une « drogue de riche », réservée à certains milieux. Mais cette perception semble évoluer.
Selon des travailleurs sociaux, la cocaïne touche désormais des milieux plus larges, y compris des personnes moins aisées. La baisse présumée des prix ces dernières années aurait également contribué à rendre cette drogue plus accessible.
Les saisies réalisées par l’ADSU illustrent cette évolution. Depuis le début de l’année, environ 8 kilos de cocaïne ont été saisis, pour une valeur estimée à Rs 114 millions, selon le sergent Stelino Assonne de l’ADSU.
Pour Ashvin Gungaram, cette évolution est particulièrement visible depuis deux à trois ans. Il évoque une « explosion » du phénomène, avec une présence accrue de la cocaïne dans des milieux qui étaient auparavant moins concernés.
Face à cette évolution du marché, l’ancien Drug Commissioner, Me Ajay Daby, estime que Maurice doit prendre des mesures exceptionnelles. Il propose notamment la création d’un tribunal spécialisé pour accélérer le traitement des affaires de trafic de drogue. Il préconise également une refonte du système de défense dans les affaires de trafic, afin de renforcer l’efficacité de la lutte contre les trafiquants.