
Hier, le 26 mars, Louis Rivalland, un des ex‑membres du conseil d’administration de la MIC, a évoqué de possibles falsifications, notamment du procès‑verbal de la réunion ayant approuvé l’acquisition des parts d’Armand Apavou dans l’hôtel Ambre.
Beaucoup de questions sont désormais posées.
Au moins deux autres ex‑membres du board de la MIC avaient déjà attiré l’attention de la FCC sur des incohérences dans certains documents. Neemalen Gopal a carrément affirmé aux enquêteurs, le 25 mars, qu’il y avait eu des falsifications. Et c’est Louis Rivalland qui a eu le courage de le dire en public.
Les regards se tournent désormais vers Jitendra Bissessur, l’ex‑CEO de la MIC. C’est lui qui devra expliquer comment il y a eu deux procès‑verbaux (PV) de la réunion du board du 5 février 2024 et comment le deuxième, présumément falsifié, a atterri à la FCC.
Plus précisément, Jitendra Bissessur devra expliquer pourquoi le montant maximal de Rs 3 milliards, sur lequel s’est basé le board pour approuver le paiement de Rs 2,1 milliards (70 %), a été supprimé du paragraphe 6. Était‑ce pour induire en erreur le comptable ou ceux effectuant le paiement ? Ou/et était‑ce pour faire croire, lors d’une éventuelle enquête (le deuxième PV aurait été mis sur le site interne de la MIC le 18 novembre 2024, soit juste après les élections), que le board avait approuvé Rs 2,4 milliards ?
Aussi, Jitendra Bissessur devra expliquer pourquoi la référence à la première demande de décembre 2022, examinée par l’Investment Committee, a disparu du deuxième PV. Est‑ce parce que l’Investment Committee avait clairement recommandé Rs 2,1 milliards et non Rs 2,4 milliards – et encore moins 48 m d’euros ?
La question la plus importante à laquelle Jitendra Bissessur devra répondre est la suivante : qui a donné les instructions pour le déboursement de Rs 2,4 milliards ou 48 m d’euros ?
Autres interrogations : y avait‑il un intermédiaire dans cette affaire ? La MIC a‑t‑elle déboursé la somme en intégralité et en un seul virement ?
Questions à poser à Armand Apavou : combien a‑t‑il reçu et en quelle devise ? S’il n’a reçu que Rs 2,1 milliards, où sont passés les Rs 300 m ? Et s’il a reçu Rs 2,4 milliards, qu’a‑t‑il fait des Rs 300 m supplémentaires ? Un money trail servira à confirmer les dires d’Apavou et de Bissessur.
Une autre interrogation turlupine plus d’un : pourquoi, après avoir acquis 70 % des actions de l’hôtel Ambre, la MIC s’est‑elle débarrassée de 21 % en faveur du groupe Sun ? Était‑ce pour gonfler la commission, s’il y en a eu une ? Une partie (environ Rs 90 m) de la commission éventuelle de Rs 300 m a‑t‑elle été restituée après que la MIC s’est retrouvée avec seulement Rs 1,68 milliard en actions au sein de l’hôtel ? Ou y‑a‑t‑il une autre raison à cette vente de 479 parts, valant environ Rs 720 m, par la MIC au profit de Sun ?
Jitendra Bissessur devra, de toute façon, expliquer cette deuxième transaction.