À Maurice, les délits impliquant des ressortissants étrangers suscitent une inquiétude grandissante au sein de la population, mettant à rude épreuve les forces de l’ordre ainsi que le système judiciaire. La législation en vigueur prévoit un double dispositif en pareille situation : des sanctions pénales, pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement, et des mesures administratives, dont l’expulsion du territoire.
Le dernier cas en date a profondément choqué la population. Un ressortissant camerounais de 24 ans est accusé d’avoir mortellement agressé sa concubine à Petit-Raffray. Les enquêteurs soupçonnent également son implication dans une agression sur une femme à Calodyne ainsi que sur un adolescent de 17 ans à Anse-la-Raie. Des faits d’une extrême gravité qui relancent le débat sur la sécurité publique et le contrôle des étrangers en situation irrégulière.
Selon les informations disponibles, l’individu se trouvait en situation irrégulière depuis 2023, un élément qui soulève de sérieuses interrogations quant au suivi administratif et au maintien de l’ordre sur le territoire.
Interrogé à ce sujet, le Deputy Assistant Superintendent of Police (DASP), Suhail Lidialam, responsable du Police Press Office, précise que la première étape consiste à vérifier le statut légal du ressortissant étranger concerné. « Les procédures d’enquête demeurent toutefois identiques à celles appliquées à tout accusé, qu’il soit Mauricien ou non », souligne-t-il, ajoutant qu’une détention préventive peut être ordonnée dans l’attente du procès, selon la gravité des faits reprochés.
Le DASP Suhail Lidialam indique par ailleurs que l’ambassade ou les autorités compétentes du pays d’origine sont systématiquement informées dès l’arrestation ou l’inculpation du ressortissant concerné.
L’expulsion peut être envisagée après le paiement d’une amende ou l’exécution de la peine infligée, notamment lorsque l’individu se trouve en situation irrégulière. « Tout dépendra de la nature et de la gravité de l’infraction », précise-t-il, insistant sur le fait que chaque cas est traité individuellement, dans le strict respect de la loi.