Une affaire judiciaire très médiatisée sera examinée devant la Cour suprême de Maurice le 19 février prochain. Ivann Smith Bibi, activiste politique et leader du parti « Nouveau Front Politik », a intenté une action en justice contre le Commissaire de police et l’État mauricien, réclamant des dommages et intérêts d’un montant de Rs 250 millions pour violation présumée de ses droits fondamentaux et abus de pouvoir.
Selon la plainte déposée par son avocat, Me Kaviraj Bokhoree, Ivann Bibi affirme qu’il a été victime d’une descente policière illégale à son domicile à Vacoas, le jeudi 18 janvier 2024, seulement 12 heures après avoir porté plainte contre l’ancien Premier ministre Pravind Kumar Jugnauth pour diffusion de fausses informations concernant la démission du Directeur des Services Météorologiques
Selon la plainte, dix officiers de l’ADSU « Flying Squad », dont une femme policière, ont pénétré illégalement dans sa maison. Selon M. Bibi, quatre policiers ont escaladé le mur pour entrer par le balcon du premier étage, brisant la porte sans jamais lui présenter de mandat de perquisition officiel. Lorsque Ivann Bibi a ouvert la porte principale, les policiers lui ont montré brièvement un document A4 non tamponné et non identifié comme mandat officiel, avant de procéder à la fouille de son domicile.
La fouille aurait conduit à la saisie d’un sac contenant une petite quantité de cannabis et trois cigarettes roulées, trouvés dans la salle de bain du premier étage, et d’un petit papier à rouler retrouvé dans sa bibliothèque, capturé par CCTV, que Ivann Bibi nie fermement posséder. Il a également été emmené aux locaux de l’ADSU à Port-Louis, puis au tribunal de Curepipe, où il a été placé en détention provisoire avant d’obtenir sa libération sous caution le lendemain.
La plainte souligne que plusieurs ordres du tribunal pour analyses ADN et empreintes digitales sur les éléments saisis ont été ignorés par la police. Les résultats, présentés plus d’un an après, ont montré qu’aucune trace de l’activiste n’était présente sur les objets saisis. Selon son avocat, Me Rama Valayden, Senior Counsel, la police a délibérément retardé la production de ce rapport et a induit le tribunal en erreur à plusieurs reprises.
Ivann Bibi accuse ainsi la police et l’État de violation de ses droits constitutionnels, intrusion illégale, perquisition et saisie abusives, abus de pouvoir, intimidation politique et manipulation du processus judiciaire, causant un préjudice moral, psychologique et réputationnel important.
Dans sa requête, Ivann Bibi réclame que la Cour suprême condamne les défendeurs à verser conjointement Rs 250 millions en dommages et intérêts, ainsi que les frais de justice.
La Cour suprême examinera cette affaire le 19 février prochain à 09h30.