La diplomatie s'active pour rouvrir l'une des artères maritimes les plus cruciales de la planète. Ce mardi à Téhéran, les chefs de la diplomatie iranienne et omanaise, Abbas Araghchi et Badr Albusaidi, ont jeté les bases d'une feuille de route progressive visant à libérer le détroit d'Ormuz, paralysé depuis le déclenchement du conflit en février dernier.
Au cœur de cette entente : la création d'un couloir de navigation temporaire combiné à une vaste opération de déminage. Concrètement, le trafic entrant vers le golfe Persique transiterait exclusivement par les eaux territoriales iraniennes, tandis que les flux sortants se partageraient entre les souverainetés iranienne et omanaise, selon les précisions de Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien. Les deux nations se donnent désormais un délai de 30 à 60 jours pour approfondir ces pourparlers, avec l'ambition à terme d'instaurer un passage pérenne et un système de gestion partagée.
Cette éclaircie diplomatique se dessine pourtant dans un climat de forte instabilité géopolitique. Elle intervient à peine une semaine après les déclarations incendiaires de Donald Trump. L'ancien locataire de la Maison-Blanche n'a pas hésité à brandir la menace de frappes massives contre Oman si le sultanat venait à « s'interposer » dans les pourparlers bilatéraux entre les États-Unis et l'Iran, à l'expiration d'un protocole d'accord conclu en juin.
La réaction de Washington face à ce nouveau compromis irano-omanais demeure une incertitude majeure. En parallèle, Téhéran multiplie les contacts diplomatiques : une délégation pakistanaise a également quitté la capitale iranienne après des pourparlers visant à trouver une issue définitive à la guerre.