La lecture des annexes budgétaires révèle que la stratégie de réduction de la dette publique repose sur plusieurs hypothèses ambitieuses. Le gouvernement prévoit de faire passer le ratio de la dette de 87,8 % à 85,6 % du PIB dès cette année financière, notamment grâce aux Rs 10 milliards attendues de l’accord sur les Chagos.
Au-delà de cette recette exceptionnelle, l’État change également de stratégie de financement. Maurice compte désormais davantage sur les prêts extérieurs accordés par des institutions internationales comme la Banque africaine de développement. L’objectif est de bénéficier de financements à long terme et à des conditions plus avantageuses.
Cette orientation n’est toutefois pas sans risque. Une plus grande dépendance aux financements étrangers expose davantage le pays aux fluctuations des devises, notamment du dollar américain. Dans le même temps, le poids du service de la dette continue d’augmenter et absorbe une part croissante des recettes de l’État.
La réussite de cette stratégie dépendra également de la capacité du gouvernement à accroître les recettes fiscales et à maintenir une croissance économique soutenue. Car le document budgétaire lui-même prévoit qu’en cas de détérioration du contexte international, avec notamment une hausse durable des prix de l’énergie ou un ralentissement du tourisme, les objectifs budgétaires pourraient devenir beaucoup plus difficiles à atteindre.
En somme, le gouvernement a choisi une voie de consolidation budgétaire ambitieuse, mais dont le succès dépendra autant des décisions prises à Maurice que de l’évolution de la conjoncture mondiale.