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Thomas Jadoobur: Le 02/10/2026 à 12:19 | MAJ à 02/10/2026 à 12:24
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Publié : Le 02/10/2026 à 12:19 | MAJ à 02/10/2026 à 12:24
Par : La Redaction

Christopher Jonathan Magdeleine a été condamné à la servitude pénale à perpétuité pour le meurtre prémédité de Sri Balkrishna Luchmaya, un commerçant de 90 ans étranglé dans son magasin à Port-Louis. Dans son jugement rendu ce 2 octobre, le juge M. S. Manrakhan reconnaît l’importance de ses aveux et de son plaidoyer de culpabilité. Mais il estime que les circonstances aggravantes sont accablantes.

Le crime remonte au 25 avril 2023, rue Souillac. Magdeleine, alors âgé de 36 ans, avait rôdé autour du commerce en attendant le moment propice pour entrer. Son intention était d’attaquer le commerçant et de le voler.

Se faisant passer pour un client, il avait négocié l’achat de quatre mètres de tissu. Lorsque le nonagénaire lui avait tourné le dos pour aller chercher la marchandise, il l’avait attaqué par-derrière et étranglé. Il avait ensuite retiré une bague en or du doigt de sa victime et dérobé l’argent de la caisse.

Après avoir tenté de vendre le bijou, Magdeleine s’était caché dans une maison abandonnée à Pointe-aux-Sables. La bague y avait été retrouvée, puis rendue à la famille.

Des similitudes troublantes avec un premier homicide

Un élément pèse particulièrement lourd dans l’appréciation du juge : quelque huit mois auparavant, Magdeleine avait déjà tué un homme âgé, dans des circonstances présentant une similitude troublante.

En août 2022, il s’était introduit dans une station de traitement des eaux usées à Saint-Martin pour voler de la ferraille. Surpris par un gardien qui cherchait à donner l’alerte avec son téléphone, il l’avait étranglé et frappé jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il avait ensuite emporté son téléphone et son portefeuille. Pour cet homicide sans préméditation, il purge déjà une peine de 23 ans de servitude pénale.

Le juge souligne les points communs : deux victimes âgées, attaquées sur leur lieu de travail, deux étranglements dans un contexte de vol et, chaque fois, des biens dérobés après la mort.

Il apporte toutefois une précision essentielle : Magdeleine n’avait pas encore été condamné pour le premier homicide lorsqu’il a commis le second. La Cour ne considère donc pas qu’il aurait tué à nouveau malgré l’effet dissuasif de la peine de 23 ans, prononcée ultérieurement.

Des aveux importants, mais insuffisants

La défense insistait sur une circonstance particulière : après son arrestation pour le meurtre du commerçant, Magdeleine avait spontanément avoué le premier homicide. Selon son avocat, sans cette confession, ce crime serait resté non élucidé. L’accusé affirmait avoir parlé parce que les remords l’empêchaient de dormir.

Le juge accorde expressément un poids important à cet aveu. Reconnaître volontairement sa responsabilité dans un autre homicide se distingue d’une admission face à un dossier d’accusation déjà établi.

Mais cette circonstance ne peut être examinée isolément. Dans une observation centrale, le juge explique, en substance, que l’aveu atténue la peine encourue, tandis que les actes révélés par cet aveu demeurent pertinents pour apprécier le condamné et protéger la société.

La Cour a également pris en compte son plaidoyer de culpabilité présenté en temps utile, ses remords, sa demande de clémence et sa déclaration selon laquelle il était sous l’influence de drogues au moment des faits.

Plaider coupable ne garantit pas une réduction de peine

Le jugement rappelle qu’un plaidoyer de culpabilité peut épargner un procès aux proches, éviter la comparution des témoins et économiser du temps judiciaire. Il ne donne toutefois pas automatiquement droit à une peine réduite.

Selon l’interprétation de l’article 222 du Code pénal retenue par le juge, la perpétuité constitue la peine de référence pour un meurtre prémédité. Une peine inférieure exige des circonstances « substantielles et impérieuses », appréciées dans leur ensemble.

Le juge précise néanmoins que la perpétuité ne doit pas être imposée mécaniquement : chaque affaire exige un examen individuel.

Dans ce dossier, le meurtre prémédité, à des fins de gain, d’un homme sans défense de 90 ans, trompé puis étranglé, présente une gravité extrême. À cela s’ajoutent l’homicide similaire commis quelques mois auparavant et de nombreuses condamnations pour vol et vol aggravé. Malgré les éléments atténuants reconnus, la Cour estime qu’ils ne justifient pas une peine inférieure à la perpétuité.