Le Domestic Abuse Bill 2026 a été débattu mardi à l'Assemblée nationale. Prenant la parole, le Whip de l'opposition, Adrien Duval, a apporté son soutien au projet de loi, tout en estimant que son efficacité dépendra des moyens accordés à sa mise en œuvre.
Selon le député du Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD), les victimes de violences domestiques ont besoin d'une meilleure protection, mais une nouvelle législation ne pourra produire des résultats que si les structures chargées de l'appliquer disposent des ressources nécessaires. Adrien Duval rappelle notamment que les amendements apportés en 2016 à la Protection from Domestic Violence Act avaient déjà marqué un tournant en renforçant la responsabilité des autorités dans la prise en charge des victimes.
S'appuyant sur plusieurs chiffres, le député souligne que la police fait déjà face à une surcharge de travail, avec plus de 205 000 enquêtes en cours à fin juin 2025. Il relève également une baisse du nombre de Protection Orders accordés par les tribunaux et rappelle que, de janvier 2025 à avril 2026, 10 féminicides ont été recensés, dont sept victimes bénéficiaient déjà d'un Protection Order.
Adrien Duval estime également que le projet de loi ne répond pas suffisamment aux violences liées à la drogue, qui touchent de nombreuses familles. Il plaide pour un renforcement de la réhabilitation des toxicomanes afin de s'attaquer aux causes profondes de ce type de violence.
Le Whip de l'opposition insiste aussi sur la situation des shelters. Selon lui, la plupart des centres d'hébergement sont déjà saturés, leurs infrastructures ne répondent pas toujours aux normes requises et les subventions accordées ne couvrent pas les coûts réels de fonctionnement. Il réclame la création d'un fonds dédié pour financer les refuges, moderniser leurs infrastructures, former leur personnel et améliorer la prise en charge des victimes.
Le député Bleu appelle également à renforcer la hotline 139, qui devrait, selon lui, fonctionner comme un véritable service d'urgence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Adrien Duval estime que les Family Support Bureaux manquent cruellement de personnel et de moyens logistiques. Le recrutement annoncé de cinq officiers supplémentaires lui paraît largement insuffisant. À ses yeux, il faudrait dix fois plus de personnel pour assurer un suivi efficace des victimes, répondre aux urgences et faire appliquer concrètement les nouvelles dispositions du projet de loi.
Adrien Duval estime ainsi que, malgré de bonnes intentions, le Budget 2026-2027 ne prévoit pas les ressources financières nécessaires pour permettre une application efficace du Domestic Abuse Bill.