Le quartier de Sheikh Radwan, dans le nord-ouest de Gaza-ville, a été secoué par une violente explosion. La frappe a rayé de la carte les abords de l'usine de dessalement locale, réduisant à néant les espoirs de Karam Alnemnem. À vingt-cinq ans, ce jeune homme s'apprêtait à se marier d'ici deux semaines. Ses projets d'avenir, de même que l'ensemble du mobilier conjugal qu'il avait préparé, ont disparu dans le souffle de l'impact, le réduisant à implorer le destin.
Le drame a fauché la vie d'au moins deux civils, parmi lesquels un enfant et un homme âgé, tout en jetant sur les routes des centaines de nouveaux déplacés. Jihane, arrachée à son foyer, exprime la colère et l'amertume des habitants face à l'inertie des instances internationales. Elle fustige des promesses de paix illusoires, rappelant que les civils subissent des déplacements en série, notamment depuis le sud de l'enclave, dans une détresse devenue insoutenable.
Le bombardement a également anéanti l'infrastructure de l'usine, qui venait tout juste d'être réhabilitée. Abdelhameed Almekawi, qui pilotait le chantier, fait part de son écœurement. Ses équipes s'étaient relayées sans relâche, bravant des conditions sanitaires insalubres pour débarrasser les lieux de montagnes de détritus et de nuisibles. Il balaie d'un revers de main l'argument de l'entrepôt d'armes invoqué par l'armée israélienne, affirmant qu'il ne s'agissait que de travail humanitaire.
Cette installation fournissait chaque jour cent mètres cubes d'eau potable, une bouffée d'oxygène dans une zone où l'accès à l'eau potable relève du défi quotidien. De son côté, Hazem Qassem, porte-parole du Hamas, a vertement dénoncé un acte visant délibérément à détruire les derniers fondements de survie de la population locale.