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Shane: Le 23/03/2026 à 13:48 | MAJ à 23/03/2026 à 13:55
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Publié : Le 23/03/2026 à 13:48 | MAJ à 23/03/2026 à 13:55
Par : Vanessa Mathews Saramandif

Trois ans après la collision ferroviaire la plus meurtrière de Grèce, 36 personnes, dont d’anciens responsables des chemins de fer, comparaissent à partir de lundi devant la cour de Larissa. Ce procès, l’un des plus vastes de ces dernières décennies dans le pays, vise à établir les responsabilités dans l’accident du 28 février 2023, qui avait coûté la vie à 57 personnes. Ce soir-là, dans la vallée de Tempé, un train de marchandises a percuté un train de passagers reliant Athènes à Thessalonique, circulant sur la même voie pendant plus de dix minutes sans qu’aucun système d’alerte ne se déclenche.

Le drame avait révélé au grand jour les carences du réseau ferroviaire grec : équipements obsolètes, systèmes de signalisation dépassés et retards accumulés malgré des financements européens et les avertissements des syndicats. En signe de mémoire et de protestation, aucun train ne circulera lundi en Grèce, à l’appel du syndicat des cheminots, qui évoque un « acte de vigilance démocratique ».

Parmi les 36 accusés, 33 font face à des chefs d’accusation criminels, certains encourant la réclusion à perpétuité. Tous comparaissent libres, bien que certains aient été placés en détention préventive. Le procès, déplacé à l’université de Larissa pour des raisons logistiques, comptera au moins 352 témoins, dont des survivants et des proches des victimes, majoritairement des étudiants de retour du carnaval.

Les accusés incluent le chef de gare en poste le soir du drame, Vassilios Samaras, ainsi que d’autres agents ayant quitté leur service avant la fin de leur poste. Sont également jugés des cadres de l’Organisme des chemins de fer de Grèce (OSE), des hauts fonctionnaires du ministère des Transports et deux responsables italiens de Hellenic Train, filiale des chemins de fer italiens. Aucun élu ne figure sur le banc des accusés, alimentant la colère populaire et les accusations de dissimulation à l’encontre du gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis.

Des preuves cruciales ont été détruites peu après la collision, nourrissant les appels des familles de victimes pour une enquête complète sur les causes structurelles du drame. La cheffe du Parquet européen, Laura Kövesi, avait rappelé que l’accident aurait pu être évité si le système de signalisation avait été modernisé à temps grâce aux fonds européens.