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Yudhisen Mardaymootoo: Le 24/03/2026 à 11:58 | MAJ à 24/03/2026 à 12:00
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Publié : Le 24/03/2026 à 11:58 | MAJ à 24/03/2026 à 12:00
Par : Vanessa Mathews Saramandif

Le programme de souveraineté alimentaire à Madagascar, autrefois présenté comme stratégique, est aujourd’hui au cœur d’une polémique. L’importation de semences de riz hybride en provenance de Chine, infectées par un champignon, et leur distribution aux agriculteurs pourraient fragiliser la production nationale plutôt que de la renforcer.

Le rapport récent de la Cour des comptes révèle de graves dysfonctionnements. Les semences, contaminées par le Tilletia barclayana, ont été réparties sur l’île dès janvier 2025, avant même la fin des analyses phytosanitaires. En février, plus de la moitié des cargaisons était déjà distribuée, malgré les avertissements de la Direction de la protection des végétaux (DPV).

Selon le rapport, les alertes ont été ignorées par le secrétariat d’État chargé de la souveraineté alimentaire, qui a même accusé la DPV de diffuser de fausses informations. L’audit met en lumière des violations massives : absence de documents officiels, contrôles incomplets, non-respect du Code des marchés publics et utilisation de contrats de gré à gré.

L’opération a coûté à l’État 27,6 milliards d’ariary (environ 5,7 millions d’euros), avec des conséquences concrètes sur le terrain. Certaines variétés locales, comme le Tsemaka ou le Makalioka, sont désormais menacées par la contamination, aggravant le risque déjà existant de la bactériose vasculaire, très répandue sur l’île.

La Cour recommande la destruction immédiate des semences contaminées, le renforcement des contrôles et la sanction des responsables. La Présidence de la Refondation, par la voix du colonel Mickael Randrianirina, a ordonné l’ouverture de poursuites judiciaires contre toutes les personnes impliquées. Reste la question de la portée réelle de ces mesures dans un contexte de tensions politiques avec l’ancien régime.