À l'occasion de la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies consacrée à l'examen à mi-parcours du Nouvel Agenda urbain, le ministre mauricien du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, a lancé un appel à des actions mesurables et à un financement plus accessible pour répondre à la crise mondiale du logement.
Dans son intervention, le ministre du Logement et des Terres a dressé un constat préoccupant. Selon les données du Secrétaire général des Nations unies, 1,16 milliard de personnes vivent aujourd'hui dans des bidonvilles ou des établissements informels, soit 170 millions de plus qu'au moment de l'adoption du Nouvel Agenda urbain à Quito en 2016. Il a également rappelé que près de trois milliards de personnes ne disposent toujours pas d'un logement adéquat. « Sur la promesse qui compte le plus, nous ne sommes pas seulement en retard : nous allons dans la mauvaise direction », a-t-il déclaré.
Le ministre Shakeel Mohamed a souligné que les petits États insulaires en développement, comme Maurice, subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique. « Chaque centimètre d'élévation du niveau de la mer se traduit par des maisons, des routes et des moyens de subsistance perdus », a-t-il affirmé, qualifiant le Nouvel Agenda urbain de « document de survie » pour les États insulaires. Il a également rappelé que le droit au logement devait être garanti aux populations déplacées par les conflits armés, conformément au droit international humanitaire.
Présentant les actions entreprises par Maurice, le ministre du Logement et des Terres a indiqué que le pays avait mis en œuvre sa National Development Strategy, destinée à protéger le littoral tout en conciliant développement et préservation de l'environnement. Il a ajouté que le logement constituait « la plus haute priorité » du gouvernement, estimant qu'« une famille sans logement n'a pas de dignité, et une nation sans dignité n'a pas d'avenir ».
Depuis la tribune des Nations unies, Maurice a formulé trois demandes à la communauté internationale : l'adoption d'engagements assortis d'objectifs chiffrés et de délais précis, un accès simplifié et plus rapide aux financements climatiques pour les petits États insulaires, ainsi que la reconnaissance du fait que la crise du logement est désormais un défi mondial touchant aussi bien les pays développés que les pays en développement.
« De Port-Louis à Paris, de Nairobi à New York, nos populations posent la même question : où puis-je me loger ? », a conclu le ministre du Logement et des Terres, avant d'inviter les États membres à quitter la réunion « avec une décision plutôt qu'une nouvelle déclaration ».