Un an après le Budget 2025-2026 et ses Rs 18,5 milliards allouées à la santé, le bilan reste partagé. Si de nouvelles unités d’urgence, des centres spécialisés et la digitalisation des soins témoignent de progrès concrets, les critiques sur le manque de personnel, les lenteurs administratives et les difficultés dans les hôpitaux publics persistent. À l’approche du Budget 2026-27, la modernisation promise est en marche, mais loin d’être achevée...
Parmi les avancées les plus visibles figurent la mise en service de nouvelles Trauma and Emergency Units aux hôpitaux de Flacq, Dr A.G. Jeetoo et Sir Seewoosagur Ramgoolam (SSRN). Plus de 200 trainee nurses et 100 médecins ont été recrutés. Le ministère a également signé plusieurs protocoles d’accord (MoU) avec des hôpitaux en Inde afin de renforcer la coopération médicale, la formation et le partage d’expertise. Toutefois, le manque de personnel demeure, avec 108 médecins généralistes actuellement en congé sans solde pour poursuivre des études de spécialisation à l’étranger.
Sur le volet numérique, la première phase du système de santé digital est déjà active dans plusieurs établissements pilotes, avec plus de 100 000 patients enregistrés.
La réforme de la santé scolaire progresse également avec le dépistage de plus de 12 000 élèves dans 84 écoles, tandis que les Regional Diabetes Centres de Jeetoo, Triolet et Flacq sont désormais opérationnels.
Le programme de dépistage du cancer colorectal est en cours de déploiement, avec l’acquisition d’équipements médicaux et de tests FIT (Fecal Immunochemical Test). Le laboratoire de la médiclinique de Coromandel est en cours d’implantation et la plupart des équipements ont déjà été livrés à l’hôpital Jeetoo.
Mais ce bilan est contesté par certains professionnels du secteur. Le président de la FCSOU et de la MHOA, Dr Vinesh Sewsurn, estime que plusieurs promesses restent inachevées. Il pointe notamment le manque de personnel, la pression croissante sur les hôpitaux publics et les retards dans le paiement des heures supplémentaires.
De son côté, le ministre de la Santé et du Bien-être, Anil Bachoo, ne manque aucune occasion de pointer du doigt l’ancien régime du MSM : “À l’époque..., sous l’ancien régime...”, une phrase qui revient presque systématiquement à chaque critique adressée à son ministère.
Par ailleurs, malgré la mise en place de la hotline 146 afin de permettre au public de soumettre des plaintes, de signaler des difficultés ou de demander des informations, ainsi que le déploiement progressif des guichets d’accueil, les usagers continuent de dénoncer les longues attentes et les difficultés d’accès à certains services.
À l’approche du Budget 2026-27, le constat reste donc contrasté : si plusieurs projets ont quitté le stade des annonces, les défis liés aux infrastructures, aux effectifs et à la qualité de la prise en charge demeurent entiers, malgré la volonté affichée du ministère de la Santé d’accélérer la mise en œuvre de ses projets.