Le rapport de l’audit 2024/2025 met en lumière de graves lacunes au sein du ministère des Sports. Mauvaise planification, suivi insuffisant des projets, dérives budgétaires et faibles contrôles des actifs : les retards importants et l’absence de mécanismes de gestion efficaces ont engendré des coûts supplémentaires conséquents et fragilisé la gouvernance globale du secteur.
Le dernier rapport de l’audit concernant le ministère de la Jeunesse et des Sports dresse un constat préoccupant sur la gestion des infrastructures sportives et des ressources publiques. Par exemple, le projet du complexe multisport de Triolet illustre à lui seul ces dérives. Initié en 2013, il n’a été achevé qu’en 2025, soit après plus de 11 ans, avec un surcoût dépassant les Rs 71 millions. Entre résiliation de contrat, litige judiciaire et retards cumulés de plus de 800 jours, la gestion du projet révèle un manque évident de planification et de suivi.
Ce rapport souligne également l’absence de contrôle rigoureux, notamment avec des pénalités de retard non appliquées au contracteur, ce qui pourrait coûter jusqu’à Rs 20,6 millions à l’État. À cela s’ajoute une faiblesse inquiétante dans la gestion des actifs publics, avec des équipements non enregistrés, des tablettes disparues et aucun système fiable de suivi.
Par ailleurs, la situation financière de la Mauritius Multisports Infrastructure Ltd laisse perplexe. Malgré plus de Rs 1 milliard de fonds publics injectés, la société peine à générer des revenus suffisants, restant fortement dépendante des subventions de l’État sans stratégie claire de rentabilité. Enfin, l’état de plusieurs infrastructures sportives, jugé dégradé et parfois dangereux, reflète un manque d’entretien chronique. Le rapport de l’audit pointe ainsi une gouvernance défaillante, appelant à des réformes urgentes pour garantir transparence, efficacité et meilleure utilisation des fonds publics.