La Banque mondiale a annoncé le 18 mars 2026 la suspension pour 21 mois de trois entités du réseau PricewaterhouseCoopers (PwC), dont une basée à Maurice. Cette décision fait suite à des pratiques frauduleuses et collusoires liées à un important projet énergétique en Afrique de l’Est. 
Les faits
Selon la Banque mondiale, les entités concernées — PwC Associates Africa (Maurice), PwC Kenya et PwC Rwanda — ont été impliquées dans des irrégularités dans le cadre du projet Eastern Electricity Highway, destiné à relier les réseaux électriques entre l’Éthiopie et le Kenya. 
Ce projet stratégique visait notamment à :
• Permettre à l’Éthiopie d’exporter son surplus d’électricité
• Réduire le coût de l’énergie au Kenya
• Renforcer l’intégration énergétique régionale
Les accusations
L’enquête a révélé plusieurs manquements graves :
• Obtention d’informations confidentielles auprès de responsables du projet en 2019 pour influencer l’attribution de contrats
• Tentatives d’orientation de marchés de conseil liés à l’implémentation de normes financières internationales
• Fausse déclaration concernant les qualifications et la disponibilité d’experts clés
• Non-divulgation complète de certains sous-traitants
Ces actes constituent des violations des règles de passation de marchés et des standards d’intégrité de la Banque mondiale.
Les sanctions
Conséquence directe :
• Les trois entités PwC sont exclues de tous les projets financés par la Banque mondiale pendant 21 mois
• La sanction peut être étendue à d’autres institutions financières internationales (cross-debarment)
Une reconnaissance des faits
Dans le cadre d’un accord avec la Banque mondiale, les entreprises concernées ont :
• Reconnu leur responsabilité
• Accepté de mettre en place des mesures correctives
• Renforcé leurs systèmes de conformité et de contrôle interne
• Coopéré avec les autorités
Cette coopération explique la durée limitée de la sanction.
Impact et enjeux
Cette affaire soulève plusieurs préoccupations :
• Crédibilité du secteur du conseil en Afrique, notamment à Maurice
• Risques de retard dans les projets énergétiques régionaux
• Renforcement des contrôles sur les projets financés par les bailleurs internationaux
Elle rappelle surtout que les institutions comme la Banque mondiale appliquent désormais une tolérance zéro face aux pratiques de corruption ou de manipulation des marchés.
Conclusion
L’implication de PwC Maurice dans cette affaire met en lumière les enjeux de gouvernance et de transparence dans les grands projets internationaux.
Au-delà de la sanction, c’est un signal fort envoyé à l’ensemble des acteurs du conseil et de l’audit : l’intégrité et la conformité ne sont plus négociables dans les financements internationaux.