La Cour suprême de Maurice a ordonné, ce 14 janvier 2026, l’arrêt définitif des poursuites pénales engagées contre Crishna Ramgati et deux ressortissants nigérians, poursuivis pour possession de drogue à des fins de distribution avec circonstance de trafic.
Dans un jugement particulièrement ferme, le juge Mehdi Manrakhan a estimé que la procédure avait été gravement entachée par un abus de procédure, compromettant l’intégrité même de la justice.
Les faits remontent à une opération policière menée de nuit sur une plage publique, après réception d’informations faisant état d’une transaction de drogue imminente. La police affirmait avoir intercepté un sachet d’héroïne dans le véhicule conduit par Crishna Ramgati, tandis que les deux autres accusés auraient tenté de prendre la fuite.
Mais le procès a basculé lorsqu’un policier de l’ADSU a affirmé en pleine audience que des livraisons contrôlées de drogue auraient eu lieu par le passé dans une maison d’hôtes appartenant à l’un des accusés. Une information jamais mentionnée dans l’enquête, jamais divulguée à la défense et même non anticipée par le ministère public.
Pour la Cour, cette révélation tardive constitue une violation grave du devoir de divulgation et introduit des allégations hautement préjudiciables suggérant une implication criminelle antérieure. Dans une affaire reposant essentiellement sur la crédibilité des versions en présence, le préjudice a été jugé irréparable.
Le juge Manrakhan a rappelé que, même en l’absence de jury, la Cour ne peut cautionner des procédures entachées de manquements graves, au risque de porter atteinte à la confiance du public dans le système judiciaire.
En conséquence, la Cour a ordonné l’arrêt définitif des poursuites, la restitution des biens personnels saisis, ainsi que la confiscation et la destruction des substances illicites.