Dossier Chagos : un référendum réclamé aux Lords, le gouvernement britannique s’y oppose

Publié le : 29 October 2026 à 08:01Mis à jour il y a 52 minutes
Par Dooshina Appigadu

L’accord sur les Chagos se heurte au verrou américain. Au Parlement britannique, Londres reconnaît que les arrangements actuels avec Maurice n’obtiendront pas le feu vert de Washington. Mais les négociations se poursuivent entre les trois capitales, avec un enjeu central pour les Britanniques : garantir l’avenir de la base militaire de Diego Garcia.

Cette position a été exprimée le mardi 27 octobre à la Chambre des communes par le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband. Interrogé par le conservateur Tom Tugendhat, il a réaffirmé que la protection de cette installation stratégique demeure la priorité du gouvernement.

Cet échange fait suite au débat tenu vendredi 23 octobre à la Chambre des Lords sur une proposition de loi de Lord Weir of Ballyholme. Le texte cherche à encadrer tout transfert de souveraineté sur l’archipel, en exigeant notamment une loi du Parlement et un référendum auprès des Chagossiens. Il prévoit également le maintien de la souveraineté britannique sur la base de Diego Garcia, ainsi que des droits de réinstallation à l’île du Coin et à l’île Boddam.

Le gouvernement britannique a cependant exprimé son opposition. La baronne Winterton a rejeté l’exigence d’un référendum, estimant que la conclusion d’un traité relève de la sécurité nationale. Elle a défendu la nécessité d’un accord pour sécuriser durablement les opérations militaires à Diego Garcia, tout en assurant que les consultations avec les représentants chagossiens se poursuivent.

Malgré cette opposition, la proposition de Lord Weir a franchi la deuxième lecture. Cela ne signifie pas son adoption définitive. L’examen détaillé du texte en commission reste à programmer.

Pour Maurice, ces développements confirment que le dossier demeure ouvert. Aucun abandon définitif des négociations n’a été annoncé. Mais aucune avancée permettant la mise en œuvre de l’accord n’a été présentée lors de ces échanges. Le soutien américain reste donc un élément déterminant pour la suite des discussions entre les trois pays.