Haïti : des enfants enrôlés en tant que soldats au cœur de la crise des gangs
À Port-au-Prince, près de la moitié des membres des gangs sont des enfants. En 2024, au moins 302 d’entre eux ont été « recrutés et utilisés » par des groupes armés, souvent dans des rôles de combat, selon le rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés.
Alors qu’une nouvelle Force de suppression des gangs (GSF), autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU, commence à déployer ses troupes — près de 5 500 policiers et soldats sont prévus —, ces enfants risquent d’être confrontés directement aux forces internationales. Certaines vidéos de gangs montrent de jeunes enfants armés, souvent incités via les réseaux sociaux et des motivations financières à rejoindre les groupes.
Les enfants les plus vulnérables sont ceux laissés à eux-mêmes. Certains sont recrutés par nécessité, d’autres par coercition, ou même livrés par leurs parents pour se protéger. Les gangs offrent souvent nourriture, logement et argent en échange de services, allant de la surveillance à la participation à des crimes violents.
Face à cette crise, les organisations humanitaires peinent à répondre : plus de 1,4 million de personnes sont sans abri et de nombreux établissements ont été détruits lors des raids. Les programmes de réinsertion, comme Prejeune de l’UNICEF, visent à aider les enfants à réintégrer la société, mais le processus reste complexe et long. Les experts insistent sur l’importance de suivre un protocole de remise des enfants aux agences de protection afin d’éviter de nouvelles violences.
Source : CNN