Chaos en mer et pétrole au-delà de 100 dollars : la spirale belliqueuse s'accélère au Moyen-Orient
Le bras de fer bascule dans l'embrasement total. En représailles aux frappes américaines menées la veille contre cinq de ses pétroliers, l'Iran a revendiqué mercredi 9 septembre l'attaque de plus d'une dizaine de navires tentant de forcer le passage du détroit d'Ormuz. Une démonstration de force explosive qui a immédiatement propulsé le baril de Brent au-delà de la barre symbolique des 100 dollars, s'envolant de 3,4 % à 101,21 dollars ce jeudi 10 septembre — une première depuis le mois de juillet.
Invoquant le principe de la « légitime défense » face à des agressions qu'il qualifie de menace pour la paix globale, le ministère iranien des Affaires étrangères a justifié cette escalade. Les redoutables Gardiens de la Révolution ont précisé avoir ciblé deux bâtiments américains, huit pétroliers et dix autres embarcations s'aventurant dans ce verrou maritime bouclé par Téhéran depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février. Des attaques confirmées par l'agence maritime britannique UKMTO, qui a fait état de plusieurs carcasses fumantes en mer, tandis qu'une mystérieuse explosion retentissait dans la soirée dans le sud du pays.
Cette déflagration géopolitique s'accompagne d'une velléité d'expansion territoriale de la crise. Alors que Téhéran exige désormais un sésame pour naviguer dans une zone autrefois libre, le régime a confirmé la création imminente d'une immense « zone interdite » englobant une portion du Golfe d'Oman et de la mer d'Arabie, menaçant de représailles tout contrevenant. Face à ce blocus de fait et au contre-blocus des ports iraniens orchestré par Washington, le trafic énergétique mondial reste pris en étau, livrant les marchés à des soubresauts redoutables.