Haingo Ravatomanga dénonce un acharnement contre sa famille, ses entreprises et ses collaborateurs
Maisons vandalisées, collaborateurs emprisonnés, violences alléguées contre des employés et entreprises fragilisées. Dans un entretien exclusif accordé à TOPFM, TOP TV et Matin+, Haingo Ravatomanga décrit une succession d’atteintes qui, selon elle, dépassent largement le sort judiciaire de son époux. Elle dénonce une entreprise d’élimination politique dont les conséquences toucheraient toute une famille, mais aussi les salariés et les activités du groupe SODIAT.
Des collaborateurs de longue date en détention
L’un des témoignages les plus marquants concerne Herisoa Razakasolo. Présente, selon Mme Ravatomanga, depuis les débuts du groupe, cette collaboratrice aurait progressivement gravi les échelons jusqu’à devenir directrice de coordination en 2025. Elle serait aujourd’hui détenue avec d’autres membres de la direction pour des faits dont Haingo Ravatomanga conteste qu’ils soient responsables.
Pour l’épouse de l’homme d’affaires, ces arrestations ont également privé les entreprises de responsables capables d’en assurer la continuité. Elle affirme que la famille pouvait poursuivre la gestion à distance, avec ses enfants, eux-mêmes entrepreneurs, et les dirigeants restés sur place.
« Malheureusement, ils ont emprisonné ces gens-là », déplore-t-elle.
Des accusations graves de violences contre les employés
Haingo Ravatomanga dénonce également des violences et des pressions exercées sur des employés lors de perquisitions et d’enquêtes. Elle évoque des coups, des blessures infligées avec des objets pointus et des brûlures sur les parties génitales.
Des photographies sont présentées à la caméra au cours de l’entretien. Leur présentation ne permet toutefois pas, à elle seule, d’établir les circonstances des blessures ni d’en identifier les responsables. Ces accusations particulièrement graves appellent des vérifications indépendantes et une réponse des autorités concernées.
Elle raconte aussi avoir découvert, à travers des images de vidéosurveillance et des photographies, les dégradations de leurs domiciles. Elle fait état de maisons vandalisées, de violences et de vols.
Des entreprises et des salariés qui subissent les conséquences
Sur le plan économique, Mme Ravatomanga affirme que les comptes des sociétés ont été « gelés et vidés », sans préciser dans cet entretien les opérations concernées ni leur fondement. Elle conteste également la nécessité de la nomination d’administrateurs judiciaires et critique leur gestion.
Selon son témoignage, des salariés connaissent des retards de paiement et certains ont été mis au chômage. Les conséquences dépasseraient donc les dirigeants du groupe pour atteindre des familles dépendantes de ces emplois.
Elle évoque notamment les aides à la rentrée scolaire et les soutiens accordés lors des fêtes. Ces gestes, explique-t-elle, faisaient partie d’une relation de proximité avec les employés, qui venaient aussi confier leurs difficultés personnelles.
Trente-six années de construction économique
Face à l’image d’une fortune reposant sur les seules relations politiques, Haingo Ravatomanga rappelle que SODIAT a été fondée en 1990. Elle retrace un développement progressif, depuis les pièces automobiles et le transport de personnel jusqu’à l’hôtellerie, la santé, l’aviation et d’autres activités.
Elle affirme qu’en 2010, le groupe comptait déjà plusieurs milliers d’employés. Elle cite également la Polyclinique d’Ilafy, qui aurait continué à prendre en charge des fonctionnaires malgré deux années d’impayés de l’État avant la crise de 2025. Elle présente cet exemple comme un élément contestant l’idée d’un traitement systématiquement privilégié.
Un engagement social fondé sur l’autonomie
Haingo Ravatomanga rappelle aussi avoir créé, en mai 2018, l’association AFF pour accompagner les plus démunis. Sa démarche consiste à « donner de quoi pêcher au lieu de donner du poisson ».
Elle cite des formations en couture, en cuisine, en pâtisserie et en informatique. Des femmes auraient ainsi ouvert leur propre atelier, tandis que des jeunes formés auraient trouvé des perspectives à l’étranger. Elle estime que cette présence sociale, associée au poids économique de son époux, a pu susciter des hostilités.
Une volonté d’élimination politique selon son épouse
« Pour moi, c’est une action politique pour éliminer mon mari », affirme-t-elle. Elle rapproche leur arrivée à Maurice, le 12 octobre 2025, d’une plainte déposée, selon elle, dès le lendemain. Elle considère cette chronologie comme un indice de préméditation.
Elle évoque également une éventuelle candidature présidentielle de son mari, tout en précisant qu’il n’en avait pas personnellement discuté avec elle et qu’il lui appartient de se prononcer.
Au-delà de cette lecture politique, son récit reste celui d’une famille séparée. Elle conserve le souvenir douloureux de l’arrestation de son époux sur son lit d’hôpital et évoque une petite-fille née pendant sa détention qu’il n’a jamais rencontrée.
À ses compatriotes et aux collaborateurs du groupe, elle adresse enfin un message d’espoir. « Un jour viendra où nous rentrerons au pays », déclare-t-elle, en réaffirmant sa confiance dans la justice mauricienne.