Mission bloquée aux Chagos: Farage au cœur d’une nouvelle polémique, Ben Wallace dénonce un « stunt politique »
La controverse autour de l’avenir des îles Chagos s’est intensifiée après la tentative de Nigel Farage de rejoindre une mission à destination de l’archipel. Le leader de Reform UK affirme avoir été empêché par le gouvernement britannique de se rendre sur place, déclenchant une vive réaction politique à Westminster.
Nigel Farage soutient qu’il devait embarquer à bord d’un bateau transportant de l’aide humanitaire (nourriture et médicaments) destinée à un groupe de Chagossiens récemment installé sur l’Île du Coin, dans l’atoll de Peros Banhos. Selon lui, les autorités britanniques auraient contacté les Maldives afin d’empêcher son déplacement.
Cette initiative intervient alors qu’un petit groupe de Chagossiens tente d’établir une présence permanente sur l’une des îles de l’archipel, une première depuis leur expulsion forcée par le Royaume-Uni au début des années 1970 pour permettre la construction de la base militaire américaine de Diego Garcia.
L’ancien secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace, a vivement critiqué la démarche de Nigel Farage, la qualifiant de « coup médiatique à la manière de Trump ». Il a rappelé que l’accès à l’archipel reste strictement contrôlé pour des raisons de sécurité, et qu’aucun parlementaire ne peut s’y rendre sans autorisation officielle.
Pour Ben Wallace et d’autres responsables politiques, l’initiative de Farage relèverait davantage d’une stratégie de communication que d’une véritable mission humanitaire.
L’incident survient alors que Londres négocie un accord majeur avec Maurice concernant la souveraineté des Chagos. Le gouvernement britannique prévoit de transférer officiellement la souveraineté de l’archipel à Port-Louis tout en conservant l’usage stratégique de la base de Diego Garcia via un bail de long terme, de 99 ans.
En février 2019, la Cour internationale de Justice (CIJ), saisie par l’Assemblée générale des Nations Unies, a rendu un avis consultatif estimant que le processus de décolonisation de Maurice n’avait pas été mené conformément au droit international, en raison du détachement de l’archipel des Chagos par le Royaume-Uni avant l’indépendance mauricienne en 1968. La Cour a conclu que Londres devait mettre fin à son administration de l’archipel « dans les plus brefs délais » et que les États membres de l’ONU étaient tenus de coopérer afin d’achever la décolonisation de Maurice.
Face à cette pression juridique et diplomatique, le Royaume-Uni a entamé des négociations avec Maurice afin de trouver un accord sur la souveraineté, tout en cherchant à préserver l’usage stratégique de la base militaire de Diego Garcia, essentielle pour les opérations américano-britanniques dans l’océan Indien.
C’est dans ce contexte que le débat politique britannique s’est intensifié pour une mise en conformité avec le droit international.