Face aux crimes violents, Maurice doit-elle réintroduire la peine de mort ?
Féminicides, homicides, agressions mortelles, violences domestiques ayant tourné au drame et, tout récemment, un infanticide présumé à Roche-Bois : depuis le début de 2026, plusieurs crimes d’une particulière brutalité ont marqué l’actualité mauricienne. En l’espace de quelques mois, cette succession de faits divers meurtriers a ravivé les inquiétudes autour des formes les plus graves de criminalité et relancé une question sensible dans le débat public : faut-il envisager le retour de la peine de mort à Maurice ?
Abolie en 1995, la peine capitale n’a pourtant pas disparu de toute référence constitutionnelle. Et Maurice ne serait pas le premier pays à envisager un retour en arrière : les Philippines et la Papouasie–Nouvelle-Guinée ont, par le passé, réintroduit la peine de mort après l’avoir abolie.
Pour Me Yatin Varma, secrétaire du Bar Council et ancien Attorney General, il est juridiquement possible de réintroduire la peine de mort à Maurice, celle-ci n’ayant pas été retirée de la Constitution. S’il se dit favorable à son retour, il estime toutefois qu’une telle mesure serait difficile à appliquer avec le système policier actuel.
Pour Me Satyajit Boolell, ancien Directeur des poursuites publiques et président actuel de la National Human Rights Commission (NHRC), la peine de mort constitue un traitement inhumain et dégradant, sans preuve qu’elle contribue à réduire la criminalité.
Même position du côté de Me Rama Valayden, ancien Attorney General et Senior Counsel, qui rappelle que la criminalité n’avait pas diminué à Maurice lorsque la peine capitale était encore en vigueur. Il met également en garde contre les risques d’erreurs judiciaires et d’injustices.
Mais dans l’opinion publique, face à la gravité de certains crimes, des voix continuent de réclamer le retour de la peine capitale.