Un comité national réclamé pour encadrer toutes les langues au Parlement
L’Arya Sabha Mauritius et la Mauritius Sanathan Dharma Temples Federation (MSDTF) sont montées au créneau après avoir appris, mardi, que le gouvernement envisagerait la mise sur pied d’un comité spécial en vue de l’introduction du Kreol Morisien à l’Assemblée nationale.
Ces deux associations estiment que, dans un pays caractérisé par une riche diversité linguistique, la promotion d’une langue en l’absence d’un cadre global incluant les autres pourrait soulever des enjeux d’équité et de cohésion nationale. Elles exhortent ainsi les autorités à clarifier les bases légales et constitutionnelles d’une telle initiative, tout en plaidant pour l’organisation d’une consultation nationale.
De son côté, la Dr Sarita Boodhoo, ancienne présidente de la Bhojpuri Speaking Union et fervente militante de la langue bhojpuri à Maurice, n’a pas tardé à réagir. Elle rappelle que le gouvernement a déjà accordé des allocations pour l’enseignement du bhojpuri dans les « Baitka ». Elle souligne également que cette langue sera prochainement introduite dans les cycles primaire et secondaire, alors qu’elle est déjà enseignée au niveau tertiaire.
Pour la Dr Sarita Boodhoo, le bhojpuri constitue un élément essentiel de l’héritage culturel mauricien et est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2016. Elle insiste sur le fait que le pays demeure profondément multilingue, multiculturel, multiethnique et multireligieux.
La Dr Sarita Boodhoo lance un appel au gouvernement pour la mise sur pied d’un comité national chargé d’examiner l’ensemble des langues susceptibles d’être introduites au Parlement. Elle cite, à titre d’exemple, plusieurs pays où plusieurs langues bénéficient d’une reconnaissance officielle.