La disparition de Yogeshwaree Bhunjun prend une tournure criminelle. Selon des informations publiées en exclusivité par TopFM, l’enquête de la Major Crime Investigation Team (MCIT) a connu un développement majeur avec l’arrestation de trois individus soupçonnés d’avoir exécuté le meurtre de la jeune femme.
Dans le cadre de cette opération menée au cours de la journée et de la nuit de samedi, les enquêteurs ont également saisi deux véhicules — une Renault et une Mercedes — afin de procéder à des analyses médico-légales.
Lors d’un interrogatoire intensif, l’un des suspects aurait admis sa participation au meurtre. Il affirme avoir agi sur ordre de son employeur, lequel aurait lui-même reçu des instructions du Dr Arvind Ramchurn, compagnon de la victime et déjà arrêté dans le cadre de l’enquête.
Selon les enquêteurs, les trois hommes auraient été recrutés en échange d’une importante somme d’argent pour assassiner Yogeshwaree Bhunjun et faire disparaître son corps.
Toujours selon les informations publiées par TopFM, la police soupçonne désormais que le corps de la victime aurait été jeté en mer dans la région de Rivière Noire.
Confronté à plusieurs éléments de preuve jugés accablants, notamment des images captées par le système de vidéosurveillance Safe City, un deuxième suspect aurait également reconnu son implication dans cette affaire.
À la suite de ces développements, d’importantes opérations de recherche ont été lancées tard dans la nuit de samedi afin de tenter de localiser le corps de la victime. Ces opérations devraient se poursuivre tout au long de la journée de dimanche.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le mobile du crime serait lié à la jalousie, sur fond de soupçons d’infidélité.
Ces nouveaux développements marquent un tournant majeur dans une affaire qui, pendant plusieurs semaines, avait plongé la famille Bhunjun dans l’angoisse et l’incompréhension.
Une disparition qui a plongé la famille dans l’angoisse
La famille Bhunjun vit depuis plusieurs semaines dans l’incompréhension. Yogeshwaree Bhunjun, 37 ans, connue sous le prénom de Deepika auprès de ses proches, n’avait plus donné signe de vie depuis plusieurs semaines.
C’est finalement une amie proche vivant en Italie qui a contribué à alerter la famille. Celle-ci a contacté une tante de la trentenaire pour lui dire que Deepika avait encore rencontré des difficultés avec son compagnon le 23 février.
Choquée, la tante a tenté d’entrer en contact avec sa nièce. Lors de leurs échanges ce jour-là, la jeune femme lui aurait confié que son compagnon voulait la mettre à la porte de leur maison.
Aujourd’hui, cette conversation résonne douloureusement pour la famille alors que la disparition de la jeune mère est désormais traitée comme un homicide présumé.
Une relation marquée par des tensions
Yogeshwaree Bhunjun partageait sa vie depuis environ douze ans avec Arvind Parmanand Ramchurn, un médecin du privé âgé de 48 ans.
Le couple vivait à Fond-du-Sac, sur Mahatma Gandhi Road, et avait deux enfants : une fillette de trois ans et un garçon de huit mois.
Selon plusieurs proches, la relation du couple était marquée par des tensions récurrentes, particulièrement après la naissance de leur dernier enfant.
La tante de la disparue explique notamment que Deepika avait déjà quitté le domicile conjugal à plusieurs reprises. Elle s’était même réfugiée dans un centre d’accueil pour femmes victimes de violences conjugales.
« Li ti pe gagn tro boukou bate », confie-t-elle.
Selon elle, les disputes étaient fréquentes, même si le couple finissait souvent par se réconcilier.
« Souvan li ti pe kit lakaz, apre zot re-aranze ek zot kontign viv ansam », explique-t-elle.
Le couple avait également tenté de résoudre ses différends.
« Ils ont même été en cour pour essayer de régler leurs différends et recevoir des conseils sur leur vie de couple », ajoute la tante.
Une disparition signalée fin février
Selon les informations recueillies par la police, Yogeshwaree Bhunjun aurait été vue pour la dernière fois le 26 février au domicile qu’elle partageait avec son compagnon à Fond-du-Sac.
Ce dernier a déclaré aux enquêteurs qu’elle aurait quitté la maison après une dispute et qu’il n’avait plus eu de nouvelles d’elle.
De son côté, le père de la trentenaire, Suryaprakash Bhunjun, 62 ans, a signalé sa disparition à la police.
L’homme reste inconsolable.
« Ki zot finn fer ar mo zoli tifi ? », se demande-t-il, la voix brisée.
La dernière fois qu’il a vu sa fille remonte au 11 janvier, lorsqu’elle était venue lui rendre visite à Lallmatie avec ses deux enfants.
Il explique également avoir été contacté par la Brigade de la Famille.
« Monn dir zot ki sa pa ti le ka. Lerla, samedi 7 mars, monn al station Plaine-des-Papayes pou donne mo deklarasion », raconte-t-il.
Pour la famille, l’hypothèse d’un départ volontaire paraît difficile à croire.
« Inposib ki li kit enn ti baba ki pe alete li ale », insiste le père.
La mère de la disparue partage le même sentiment.
« Ena enn kiksoz ki anpes mwa krwar ki nanien pa finn ariv mo zanfan », confie-t-elle.
L’enquête bascule vers la piste criminelle
L’affaire a pris un tournant lorsque les enquêteurs ont découvert des traces suspectes de sang dans le véhicule du médecin, révélées grâce à un Blue Star Test, une technique scientifique permettant de détecter du sang invisible à l’œil nu.
Confronté à cette découverte, Arvind Ramchurn a expliqué qu’il s’agissait de sang provenant de viande transportée dans son véhicule pour nourrir ses chiens.
Malgré ses dénégations, il a été arrêté et inculpé provisoirement de meurtre le 11 mars devant la cour de Pamplemousses.
La police s’est opposée à sa remise en liberté et il demeure en détention policière.
Versions contradictoires
Dans une « Precautionary Measure » consignée avant son arrestation, le médecin avait affirmé à la police qu’il s’était rendu chez une autre femme dans la région de Vacoas quelques jours avant la disparition de Yogeshwaree Bhunjun.
Cependant, la femme mentionnée par le suspect a été interrogée par les enquêteurs et a déclaré ne jamais l’avoir rencontré à la période évoquée.
Cet élément est désormais considéré comme important dans l’enquête.
La défense maintient l’innocence
L’avocat du médecin, Me Rama Valayden, affirme pour sa part que son client est innocent.
Lors d’une déclaration à la presse, l’homme de loi a insisté sur l’absence de preuve formelle reliant le médecin à un meurtre.
Il rappelle également que le corps de Yogeshwaree Bhunjun n’a toujours pas été retrouvé.
Concernant les traces de sang découvertes dans le véhicule, il affirme qu’il pourrait s’agir de sang provenant de carcasses animales achetées pour nourrir les rottweilers du médecin.
Le Dr Ramchurn doit comparaître à nouveau devant la justice la semaine prochaine dans le cadre de cette affaire.