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Fab: Le 05/01/2026 à 17:23 | MAJ à 05/01/2026 à 17:25
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Publié : Le 05/01/2026 à 17:23 | MAJ à 05/01/2026 à 17:25

Ce lundi matin, Nicolás Maduro et son épouse ont été escortés par des agents armés au centre de détention de Brooklyn, peu après 7 heures (midi GMT), avant d’être conduits vers un hélicoptère, selon des images diffusées par WABC.

La tension internationale ne cesse de monter. Wang Yi, le principal diplomate chinois, a accusé les États-Unis d’agir comme un « juge mondial » en procédant à l’arrestation de Maduro, promettant que Pékin confrontait Washington à ce sujet devant l’ONU sur la légalité de l’opération.

À la demande de la Colombie, soutenue par la Chine et la Russie, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira ce lundi. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti que cette action américaine pourrait créer « un précédent dangereux ».

« Nous n’avons jamais cru qu’un pays puisse se comporter comme la police du monde, ni que n’importe quelle nation puisse se prétendre juge mondial », a déclaré Wang dimanche, en évoquant les « développements soudains au Venezuela » sans citer explicitement les États-Unis. « La souveraineté et la sécurité de tous les pays doivent être pleinement protégées par le droit international. »

Le transfert du dirigeant d’un partenaire stratégique de la Chine par l’armée américaine constitue un test pour Pékin, qui affirme pouvoir jouer un rôle dans la résolution des crises internationales sans suivre la voie militaire de Washington.

Avant l’audience de Maduro prévue à midi, le Conseil de sécurité, composé de 15 membres, se réunira à 10 heures (15h GMT) pour examiner la légalité de son arrestation. Toutefois, les États-Unis pourraient utiliser leur droit de veto pour bloquer toute mesure officielle de reddition de comptes.

La Russie, la Chine et d’autres alliés du Venezuela accusent Washington de violer le droit international. La Colombie, alliée de Maduro, avait sollicité cette réunion, selon des diplomates. Le porte-parole de l’ONU a rappelé que le secrétaire général considérait l’opération comme « un précédent dangereux ».

Cependant, Washington ne devrait pas subir de critiques sévères de la part de ses alliés, nombreux à s’opposer à Maduro. L’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Mike Waltz, a invoqué l’article 51 de la Charte des Nations unies, arguant que l’opération militaire relevait de la légitime défense contre un « baron de la drogue » et du droit inhérent des États à se défendre.

Sur le plan juridique, Maduro pourrait tenter de faire annuler les accusations en invoquant son immunité de chef d’État. Mais cette défense pourrait se heurter à un précédent historique : l’invasion américaine du Panama en 1989, qui avait abouti à la capture du dirigeant Manuel Noriega, accusé lui aussi de trafic de drogue. La justice américaine avait alors rejeté l’argument de l’immunité, validant l’intervention militaire.

Des experts légaux estiment que ce précédent pourrait affaiblir les chances de Maduro de faire suspendre les charges. Il pourrait aussi invoquer la prescription des faits ou l’accusation sélective, selon laquelle les poursuites ont été intentées de manière vindicative.

L’administration de Donald Trump a présenté l’opération comme une action de police visant à tenir Maduro responsable d’accusations déposées en 2020 pour « complot de narco-terrorisme ». Mais l’ancien président a lui-même évoqué d’autres motivations, incluant l’afflux d’immigrants vénézuéliens aux États-Unis et la décision du Venezuela, il y a plusieurs décennies, de nationaliser les intérêts pétroliers américains.

Parallèlement, la Suisse a annoncé ce lundi qu’elle décidait de geler avec effet immédiat (« with immediate effect ») tous les avoirs détenus en Suisse par Nicolas Maduro ou ses associés. Dans un communiqué, le gouvernement suisse précise que cette mesure vise à empêcher toute sortie de fonds et qu’« en cas de révélation ultérieure que ces fonds ont été acquis illicitement, la Suisse s’efforcera de garantir qu’ils bénéficient au peuple vénézuélien » (AFP).