Tollé international : Israël et Washington étrillent le discours "sidérant" d'Emmanuel Macron à l'ONU
Les déclarations du chef de l'État français ce mardi, à la tribune des Nations unies ont provoqué une onde de choc fulgurante. En pointant du doigt la politique israélienne en Cisjordanie et en affirmant l'absence du Hamas sur ce territoire sous tutelle de l'Autorité palestinienne, le locataire de l'Élysée s'attire les foudres frontales de l'exécutif israélien et de ses alliés.
La réplique de Jérusalem ne s'est pas fait attendre. Qualifiant la sortie française d'absurdité grotesque et sidérante, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s'apprête à monter à la tribune de l'ONU ce jeudi 24 septembre, a vigoureusement contredit Paris. Pour l'exécutif israélien, nier la présence terroriste en Judée-Samarie relève de la cécité, rappelant que des assaillants y perpétuent des attaques quasi quotidiennes contre des civils.
Cette passe d'armes intervient au cœur d'un climat ultrasensible, au lendemain de la mort par balles d'un colon israélien de nationalité française, père de six enfants, abattu à la veille de Yom Kippour. Si l'armée israélienne a interpellé le suspect palestinien dans un établissement de santé avant d'intervenir dans son village, un ministre du cabinet Netanyahu exige déjà son exécution en application d'un nouveau texte législatif. Un drame qui percute directement le constat alarmant dressé par l'ONU, documentant une moyenne de six incidents violents quotidiens imputés à des colons extrémistes envers les Palestiniens jusqu'au milieu de cette année.
Le front de la contestation s'est rapidement élargi. L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, est monté au créneau pour qualifier l'intervention française de magistralement déconnectée de la réalité. Un tir groupé qui met en lumière la fracturation profonde des diplomaties occidentales face au bourbier moyen-oriental.
À la tribune new-yorkaise, le président français avait pourtant élargi sa charge, dénonçant un spectacle insoutenable à Gaza et qualifiant l'inaction internationale de honte collective, tout en réitérant la nécessité vitale de la solution à deux États pour garantir la sécurité d'Israël. Une position constante qui se heurte à l'hostilité viscérale de Benjamin Netanyahu, les relations entre les deux hommes étant au plus bas depuis l'initiative menée l'an dernier par Paris pour faire reconnaître un État palestinien par les nations occidentales.