Affaire Soopramanien Kistnen : six ans après sa mort, le mystère demeure

Publié le : 18 October 2026 à 08:00Mis à jour il y a 4 heures

Le 18 octobre 2026 marque les six ans de la découverte du corps calciné de Soopramanien Kistnen dans un champ de cannes à Telfair, à Moka. Ancien agent du Mouvement socialiste militant (MSM), connu sous le nom de Kaya, il avait disparu le 16 octobre 2020. Son corps avait été retrouvé deux jours plus tard. Six ans après, l’affaire demeure non élucidée.

Initialement considérée comme un suicide par immolation, sa mort a été requalifiée en homicide à l’issue d’une enquête judiciaire ouverte en décembre 2020 devant le tribunal de Moka. Les audiences, présidées par la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath, ont été marquées par plusieurs témoignages et révélations. La forensic scientist Asha Auckloo avait notamment estimé que le lieu où le corps avait été découvert n’était probablement pas celui où le crime avait été commis.

En octobre 2022, les conclusions de la magistrate ont écarté la thèse du suicide et retenu celle de l’homicide. Le rapport soulevait également des interrogations sur les premières investigations et recommandait des enquêtes complémentaires.

Le 26 janvier 2022, le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) avait déjà conseillé au commissaire de police de mener une enquête approfondie afin d’identifier les responsables. Toutefois, aucun dénouement judiciaire n’a, depuis, permis d’établir les responsabilités pénales.

En octobre 2025, une nouvelle étape a été annoncée avec la reprise de l’enquête par une équipe spéciale du Central CID, chargée de réexaminer les éléments déjà étudiés. Des manquements présumés dans les premières investigations ont notamment été évoqués.

En mars 2026, la publication d’un affidavit contenant des allégations concernant plusieurs personnes a ravivé l’attention autour de cette affaire. Ces déclarations restent toutefois à vérifier et ne constituent pas des faits judiciairement établis.

Pour Simla Kistnen, l’épouse de la victime, l’attente se poursuit. Elle déplore l’absence de réponses définitives et estime que les promesses faites par le gouvernement, alors qu’il était dans l’opposition, n’ont pas été tenues.

De son côté, Me Rama Valayden, avocat de la famille, dénonce les nombreuses zones d’ombre persistantes. Il évoque notamment des prélèvements envoyés en Angleterre pour des analyses ADN, dont les résultats n’auraient toujours pas fait l’objet d’une communication officielle, selon ses déclarations.

Six ans après la mort de Soopramanien Kistnen, sa famille attend toujours que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame et que les responsabilités soient établies.