Le 11 juin 1982 demeure l’une des dates les plus marquantes de l’histoire politique mauricienne. Il y a 44 ans, l’alliance MMM-PSM provoquait un véritable séisme électoral en infligeant un retentissant 60-0 à ses adversaires lors des élections générales. Portée par une vague populaire sans précédent et une organisation politique redoutablement efficace, l’alliance formée par le Mouvement Militant Mauricien et le Parti Socialiste Mauricien avait ouvert une nouvelle page de l’histoire politique nationale.
Le scrutin de 1982 avait également été marqué par la chute de figures emblématiques de la vie politique mauricienne. Dans la circonscription de Pamplemousses–Triolet, Sir Seewoosagur Ramgoolam ne parvient qu’à la quatrième place avec 10 575 voix. À Belle-Rose–Quatre-Bornes, Sir Gaëtan Duval est relégué à la sixième position avec 25,34 % des suffrages, loin derrière Paul Bérenger qui domine le scrutin avec 58,06 % des voix.
Élu sous la bannière de l’alliance MMM-PSM dans la circonscription n°6, Grand-Baie–Poudre-d’Or, Dharam Fokeer se souvient d’un moment exceptionnel. Selon lui, ce triomphe constituait bien plus qu’une simple victoire électorale. Il représentait l’aboutissement de longues années de lutte politique et la confirmation que l’électorat avait clairement exprimé sa volonté.
Autre acteur de cette victoire historique, Anil Gayan, élu dans la circonscription n°17, Curepipe–Midlands, garde le souvenir d’un succès écrasant qui a marqué durablement la vie politique mauricienne. Selon lui, les victoires de 60-0 ont souvent été suivies de tensions et de crises politiques.
Pour l’observateur politique Yvan Martial, les victoires de 60-0 soulèvent également des questions fondamentales sur l’équilibre démocratique. Il estime qu’une telle concentration du pouvoir entre les mains d’un seul camp politique peut fragiliser les mécanismes de contre-pouvoir et réduire l’espace du débat démocratique.
L’histoire retiendra que Maurice a connu trois victoires électorales de 60-0 : en 1982, en 1995 et en 2024. Parmi les grandes figures de la scène politique mauricienne, Paul Bérenger demeure le seul à avoir été associé aux trois, faisant de lui un témoin privilégié de certaines des pages les plus marquantes de l’histoire politique du pays.