Treize ans se sont écoulés, mais les souvenirs, eux, restent intacts… douloureux, persistants. Le 30 mars 2013, des pluies torrentielles s’abattaient sur Port-Louis, transformant les rues en pièges mortels. En quelques heures, des crues soudaines emportaient tout sur leur passage. Bilan tragique : 11 vies perdues, des familles brisées à jamais.
Mais ce drame n’était pas un cas isolé. Déjà, le 26 mars 2008, la jeune Laura Paul, 13 ans à peine, disparaissait tragiquement à Mont-Goût, emportée par les eaux alors qu’elle rentrait du collège. Une vie fauchée trop tôt, un chagrin qui n’a jamais quitté les siens.
Plus récemment encore, le cyclone Belal, le 15 janvier 2024, est venu raviver ces blessures. Deux hommes, Alberto Lajeune et Anwar Reza Noormahomed, 53 ans, ont eux aussi été emportés par les flots. Autant de rappels que la menace est bien réelle… et toujours présente.
En ce 30 mars 2026, une question s’impose, lourde de sens : Maurice est-elle réellement prête à faire face à ces catastrophes ?
Pour l’ingénieur en environnement Vassen Kauppay muthoo, le constat est sans détour : le danger persiste. Malgré un début d’année marqué par un déficit de pluviométrie, il met en garde contre un faux sentiment de sécurité. Car derrière cette accalmie apparente, le risque demeure.
L’expert insiste : il est impératif d’appliquer les recommandations déjà formulées et de renforcer la vigilance face aux risques de flash floods. Selon lui, l’adaptation est une responsabilité partagée, autorités comme citoyens doivent agir ensemble pour limiter les dégâts.
De son côté, le ministre des Infrastructures publiques, Ajay Gunness, met en avant le Land Drainage Master Plan, un vaste programme de travaux à travers le pays. Il lance également un appel clair à la population : ne pas obstruer les systèmes d’évacuation des eaux, un geste simple mais crucial.
Mais au-delà des plans, des promesses et des projets, une vérité demeure… Face à la force imprévisible de la nature, nul n’est totalement à l’abri.