Ce 21 février marque le 27ᵉ anniversaire de la disparition de Kaya, de son vrai nom Joseph Réginald Topize.
Le 21 février 1999, la musique mauricienne perdait l’une de ses voix les plus puissantes, l’un de ses symboles les plus vibrants. À seulement 38 ans, l’icône du seggae était retrouvée sans vie dans sa cellule. Un drame brutal, incompréhensible pour beaucoup, qui allait bouleverser le pays et marquer à jamais la mémoire collective.
Vingt-sept ans plus tard, son héritage musical et son message résonnent toujours avec la même intensité. Retour sur une disparition qui a marqué un tournant dans l’histoire culturelle et sociale de Maurice.
Le 21 février 1999, Maurice apprenait avec stupeur la mort de Kaya, de son vrai nom Joseph Réginald Topize. L’artiste de 38 ans était retrouvé sans vie dans sa cellule à la prison d’Alcatraz, aux Casernes centrales, où il était détenu depuis deux jours pour consommation de cannabis.
Quelques jours plus tôt, le 16 février, il avait participé à un concert pour la dépénalisation du cannabis, organisé à Rose-Hill par le Mouvement Républicain de Rama Valayden. À la suite de cet événement, plusieurs participants sont arrêtés. Contrairement à d’autres, Kaya assume publiquement avoir consommé du cannabis. Placé en détention, il ne peut immédiatement s’acquitter de la caution fixée à Rs 10 000 . Il devait être libéré le lundi 22 février. Il ne franchira jamais vivant les portes de sa cellule.
Au matin du 21 février, l’annonce de sa mort provoque une onde de choc à travers l’île. L’incompréhension laisse place à une profonde colère. Des émeutes éclatent dans plusieurs régions du pays, révélant un malaise social latent. Dans les rues, nombreux sont ceux qui dénoncent une bavure policière. Malgré plusieurs rapports d’autopsie, les circonstances exactes de son décès continuent, encore aujourd’hui, d’alimenter interrogations et débats.
Face à la gravité de la situation, le président de la République d’alors, Cassam Uteem, se rend dans les zones les plus touchées aux côtés de Monseigneur Margéot pour appeler au calme. Le Premier ministre le Dr Navin Ramgoolam, ainsi que des leaders de l’opposition comme Paul Bérenger et Anerood Jugnauth, interviennent également pour tenter d’apaiser les tensions.
Mais au-delà des troubles et des controverses, Kaya demeure. Plus qu’un chanteur, il était une conscience, une voix qui chantait l’unité, la justice et la dignité. À travers le seggae, fusion audacieuse du séga et du reggae, il portait l’espoir d’un peuple et dénonçait les fractures sociales.
27 ans après, ses chansons continuent de vibrer dans les cœurs. Kaya n’est pas seulement un souvenir : il est devenu une légende, un symbole intemporel de liberté et de résistance culturelle. Son message, lui, ne s’est jamais éteint.