Des policiers auraient fait pression sur un détenu pour qu’il change d’avocat. Un interlocuteur non identifié aurait ensuite réclamé à son épouse une somme comprise comme Rs 2 millions pour obtenir sa libération. Ces graves allégations figurent dans une lettre de Me Rouben Mooroongapillay, qui réclame une intervention des autorités.
Dans son courrier du 13 septembre 2026 au commissaire de police, avec copie notamment au Premier ministre, au DPP, à la Commission nationale des droits humains et au Bar Council, l’avocat dénonce le traitement réservé à Yogajee, dit Gulshan, Govind.
Arrêté le 31 juillet, son client comptait, selon la lettre, 44 jours de détention. Il nie toute implication dans le complot allégué d’importation de cannabis estimé à Rs 234 millions depuis La Réunion. Sa défense a demandé la radiation de cette accusation provisoire pour absence de soupçons raisonnables.
Selon le récit rapporté par l’avocat, le 2 septembre, des policiers auraient poussé Govind à remplacer son défenseur, lui faisant craindre de rester détenu au-delà du Nouvel An s’il conservait ses services. Un téléphone lui aurait été remis pour appeler son épouse, Véronique Leu-Govind, et lui demander ce changement.
Le lendemain, celle-ci aurait reçu des appels reprenant cette demande. Un interlocuteur lui aurait lancé : « paye 2 pou dresse travay la », ce qu’elle aurait compris comme une demande de Rs 2 millions pour faire libérer son mari. Selon le courrier, elle a porté plainte au CCID le 11 septembre. L’identité de cet interlocuteur demeure inconnue et son appartenance à la police n’est pas établie.
Me Mooroongapillay dénonce aussi des déclarations sous serment qu’il estime mensongères concernant ses disponibilités, des refus de recueillir la plainte de son client et une entrave à la lecture des déclarations consignées pendant un interrogatoire.
Il réclame une enquête, le remplacement de l’équipe chargée du dossier, un réexamen de la nécessité du maintien en détention et les mesures disciplinaires appropriées. Il demande également de sécuriser les images de surveillance et les données téléphoniques susceptibles d’établir les faits.
L’avocat souhaite que l’affaire ne soit pas simplement renvoyée à l’IPCC : les agissements dénoncés pourraient, selon lui, constituer des infractions pénales dépassant le cadre d’une plainte administrative contre des policiers.
Ces accusations restent à établir. Elles soulèvent néanmoins une inquiétude fondamentale : si un détenu assisté d’un avocat peut être exposé à de telles pressions, qu’en est-il de celui qui se retrouve seul face aux enquêteurs ? La demande d’argent alléguée appelle également une enquête rigoureuse pour déterminer si elle relève d’une tentative d’extorsion.