Un enregistrement audio jugé préoccupant vient relancer l’affaire dite de « Menlo Park », dans laquelle est impliquée Deepshikha Gowreesunker. Au cœur des révélations : un Assistant Surintendant de Police (ASP) affecté à l’Anti Money Laundering Unit (AML Unit), dont le comportement et les décisions suscitent désormais de vives interrogations.
Une voix attribuée à cet ASP est entendue lors d’un échange tendu avec les représentants légaux de Deepshikha Gowreesunker, Mes Natasha Behary-Paray et Rouben Mooroongapillay. La scène se déroule dans les locaux de l’AML Unit, où la principale intéressée affirme avoir été retenue de manière illégale.
Durant cet échange, l’ASP indique que les avocats sont libres de quitter les lieux, tout en insistant pour que leur cliente reste sur place. Interrogé à plusieurs reprises sur le statut exact de cette dernière, notamment si elle est officiellement en état d’arrestation, l’officier répond de manière équivoque, se limitant à un « maybe » répété. Une réponse qui alimente le flou entourant la situation juridique de la suspecte.
Face à cette ambiguïté, Me Behary-Paray annonce son intention de partir avec sa cliente. C’est à ce moment que l’ASP, sur un ton jugé agressif, lance en créole : « nek prend li aller, nous guetter », une phrase répétée à plusieurs reprises dans l’enregistrement.
D’autres extraits audio mettent en lumière les doléances de Deepshikha Gowreesunker et de ses avocats. Ces derniers affirment que la police aurait refusé d’enregistrer la version des faits de leur cliente, alors même que, selon eux, les éléments de preuve étaient disponibles depuis le matin.
Un autre passage de l’enregistrement suggère que l’ordre d’arrestation aurait été donné directement par l’ASP. Me Rouben Mooroongapillay souligne alors que sa cliente n’aurait pas eu l’occasion de présenter sa défense, tout en remettant en question la légitimité de l’ASP à prendre une telle décision, celui-ci n’étant pas, selon lui, l’« enquiring officer » en charge du dossier.
Par ailleurs, plusieurs officiers présents sur les lieux seraient entendus confirmant leur identité ainsi que l’origine des instructions attribuées à l’ASP.
La diffusion de cet enregistrement a provoqué une onde de choc, aussi bien au quartier général de la police que dans les milieux judiciaires. Les révélations soulèvent des interrogations majeures sur le respect des procédures légales, l’équité dans le traitement des suspects et la conduite de l’officier concerné.
Dans une correspondance, Deepshikha Gowreesunker explique avoir enregistré ces échanges par crainte, afin de conserver une trace indépendante des événements survenus dans les locaux de l’AML Unit.
Alors que la polémique enfle, plusieurs voix appellent désormais à l’ouverture d’une enquête indépendante. Les implications de ces révélations pourraient s’avérer déterminantes, tant pour la crédibilité des institutions que pour l’issue judiciaire de cette affaire.
Sur le plan judiciaire, une motion visant à rayer la charge provisoire de « perversion of the course of justice » retenue contre Deepshikha Gowreesunker a été examinée hier devant le tribunal de Pamplemousses. L’ASP concerné était absent à l’audience, selon certaines sources il serait en congé maladie.
Par ailleurs, Deepshikha Gowreesunker a été convoquée à nouveau au bureau de l’AML Unit ce vendredi 17 avril 2026, dans le cadre de l’enquête.