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Fab: Le 10/09/2026 à 18:36 | MAJ à 10/09/2026 à 18:46
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Publié : Le 10/09/2026 à 18:36 | MAJ à 10/09/2026 à 18:46
Par : Dooshina Appigadu

La tension monte autour de l’enquête visant Gulshan Govind. Son avocat, Me Rouben Mooroongapillay, demande désormais au Commissaire de Police de remplacer l’équipe actuellement chargée du dossier, estimant que plusieurs éléments soulèvent des interrogations sur la manière dont l’enquête est conduite.

Cette sortie intervient après une mise au point du Police Press Office faisant suite aux déclarations de l’avocat à la presse, le 7 septembre. Me Mooroongapillay affirme que cette réaction publique est intervenue avant même qu’il ait pu soumettre au Commissaire de Police les éléments qu’il dit détenir pour étayer ses griefs. Il estime également que cette démarche est susceptible de porter atteinte à sa réputation professionnelle.

Arrêté le 31 juillet 2026, Gulshan Govind est toujours en détention. Il fait provisoirement l’objet de deux accusations : possession et culture de drogue d’une valeur alléguée de Rs 20 500, ainsi qu’une accusation d’entente délictueuse liée à l’importation présumée de drogue d’une valeur de Rs 234 millions entre La Réunion et Maurice. La défense a demandé la radiation de ce deuxième chef provisoire, soutenant que les éléments disponibles ne permettraient pas, à ce stade, d’établir un « reasonable suspicion » suffisant.

Parmi les principaux points soulevés, l’avocat dénonce ce qu’il qualifie de réponses « évasives » données par certains enquêteurs devant la Cour. Il évoque notamment le témoignage du sergent Jeenarain, qui aurait déclaré ne pas disposer de certaines informations, notamment concernant la remise volontaire du téléphone portable de Gulshan Govind aux autorités pour expertise. Pour la défense, ces éléments alimentent des interrogations sur l’impartialité de l’enquête.

Me Mooroongapillay remet également en question les bases factuelles de l’accusation d’entente délictueuse. Selon lui, les informations communiquées par les enquêteurs laisseraient entendre que l’enquête se trouvait encore dans une phase essentiellement exploratoire. Il souligne notamment que la présence alléguée de son client près de l’hôtel Le Paradis, au Morne, le 25 juillet, aurait précédé d’environ 24 heures le déplacement du speedboat soupçonné d’avoir quitté La Réunion pour Maurice. La défense dit avoir demandé que les images Safe City susceptibles de retracer les déplacements de Gulshan Govind soient préservées.

Autre grief : l’inspection du véhicule du suspect, qui aurait été effectuée le 1er août en son absence de ses conseils juridiques, malgré des instructions préalablement transmises à la police. Pour la défense, cette situation pose des questions sur le respect des droits du détenu durant l’enquête.

Le point de friction le plus récent concerne toutefois une déclaration faite sous serment devant la Cour le 7 septembre. Selon Me Mooroongapillay, l’enquêteur principal aurait affirmé que l’avocat de Gulshan Govind n’avait pas été disponible pendant quatre jours, retardant ainsi l’avancement de l’enquête. L’avocat conteste fermement cette version. Il affirme avoir contacté les enquêteurs à plusieurs reprises entre le 26 août et le 5 septembre pour faire connaître sa disponibilité et propose de remettre ses échanges et communications au Commissaire de Police afin que la chronologie puisse être vérifiée.

Il soulève également d’autres irrégularités présumées, notamment des contradictions concernant le transport des pièces à conviction après une perquisition ainsi que le refus allégué de la police de lui transmettre une copie du mandat de perquisition relatif à la fouille du domicile de son client.

L’avocat affirme par ailleurs que des membres de la force policière auraient tenté d’encourager Gulshan Govind à changer de conseil juridique. Il évoque également une situation qu’il juge contradictoire : alors que la police s’oppose à une remise en liberté en invoquant notamment un risque d’interférence avec des témoins, son client aurait, selon lui, été autorisé à utiliser un téléphone pour contacter son épouse, elle-même interrogée dans le cadre de l’enquête.

Me Rouben Mooroongapillay insiste sur le fait qu’il ne remet pas en cause l’ensemble de la force policière. Il dit vouloir attirer l’attention sur les actes de certains officiers impliqués dans cette affaire et demande qu’ils soient examinés « de manière indépendante, objective et transparente ».

Il réclame ainsi officiellement au Commissaire de Police le remplacement de l’équipe d’enquête actuelle par une autre équipe expérimentée, qui serait chargée de poursuivre les investigations en toute indépendance et dans le respect des droits constitutionnels de son client. Il se dit prêt à remettre aux autorités les documents et communications qu’il affirme détenir pour appuyer ses allégations.