Nouveaux développements ce jeudi devant la Bail and Remand Court (BRC) dans le cadre de la demande de remise en liberté sous caution de Mamy Ravatomanga. Le contre-interrogatoire de Paramhans Aleear, Acting Director of Investigations de la Financial Crimes Commission (FCC), s’est poursuivi avec les questions de Me Khushal Lobine, avocat principal de l’homme d’affaires malgache.
Le risque de fuite a occupé une bonne partie des débats. Paramhans Aleear a notamment révélé de nouveaux éléments issus de l’analyse du téléphone de David Thomas, proche collaborateur de Mamy Ravatomanga et coaccusé dans l’un des volets de l’affaire.
Selon l’enquêteur, des recherches effectuées le 16 octobre 2025 depuis cet appareil portaient notamment sur le temps nécessaire pour rejoindre La Réunion par voie maritime, mais aussi sur les conditions de voyage et de séjour en France pour un détenteur d’un passeport ivoirien.
Paramhans Aleear a précisé que ces informations n’ont été récupérées que ces derniers jours grâce à un nouvel équipement utilisé pour l’examen numérique. Sous les questions de Me Lobine, il a reconnu que ces éléments n’ont pas encore été confrontés à Mamy Ravatomanga. La défense a également fait ressortir que David Thomas bénéficie de la liberté conditionnelle depuis décembre 2025.
Autre élément avancé par la FCC : trois bateaux enregistrés au nom de la Société Sodiat seraient actuellement introuvables à Madagascar. Paramhans Aleear affirme que cette information provient des autorités portuaires malgaches. Il a toutefois reconnu qu’elle n’a, là encore, pas encore été soumise à Mamy Ravatomanga.
Le dossier dit « Japan » a également été abordé. L’enquêteur a confirmé qu’une investigation est en cours, mais qu’aucun mandat d’arrêt international ne vise actuellement Mamy Ravatomanga dans ce volet. Aucune déposition spécifique n’a encore été recueillie auprès de lui sur cette affaire.
La défense a également insisté sur les plus de 300 jours passés en détention, les saisies déjà effectuées et l’état de santé de son client pour contester les risques de fuite et d’interférence.
Paramhans Aleear a maintenu la position de la FCC : selon lui, le risque de fuite demeure élevé et la Commission dispose de solides éléments numériques dans cette enquête.
L’affaire a finalement été ajournée au 9 septembre prochain. L’audience se poursuivra à cette date avec notamment l’audition des autres témoins.