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Keshinee: Le 07/06/2026 à 09:09 | MAJ à 07/06/2026 à 09:11
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Publié : Le 07/06/2026 à 09:09 | MAJ à 07/06/2026 à 09:11
Par : La Redaction

La famille Ravatomanga est sortie de son silence pour dénoncer ce qu’elle qualifie de persécutions depuis le début de cette affaire. Dans une lettre ouverte rendue publique jeudi, elle lance un appel en faveur du respect de l’État de droit, de la sécurité juridique et de la confiance économique à Madagascar.

Les proches de l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga affirment rejeter toute remise en cause du principe de présomption d’innocence. « Nous refusons que la présomption d’innocence soit remplacée par la présomption de culpabilité », écrivent-ils, estimant que des citoyens ne devraient pas être condamnés dans les faits avant même d’avoir été jugés.

Cette réaction intervient après la décision du Pôle anticorruption (PAC) d’Antananarivo de placer l’ensemble des sociétés du Groupe SODIAT sous administration provisoire et de confier leur gestion à Imbeh Serge Jovial. La famille Ravatomanga s’adresse ainsi aux institutions du pays, aux organisations professionnelles, aux Églises, à la société civile, aux partenaires internationaux ainsi qu’au peuple malgache afin de les appeler à la vigilance face à toute atteinte aux principes fondamentaux garantissant les libertés individuelles et la sécurité juridique.

Selon elle, le jugement rendu le 8 mai dernier dépasse le simple cadre judiciaire. Les principaux intéressés soutiennent notamment ne pas avoir été informés au préalable de cette décision. Ils dénoncent la nomination d’un administrateur provisoire imposée « sans consultation ni consentement » et soulignent que certaines entreprises concernées ne feraient même pas partie du Groupe SODIAT.

La famille rappelle également que le Groupe SODIAT est une entité privée, créée et développée grâce à des investissements et des capitaux privés. Elle s’interroge sur la légitimité d’une décision ayant un impact aussi important sur des entreprises privées sans que leurs propriétaires aient été consultés ou entendus.

Les proches du dirigeant affirment qu’aucun accord n’a été conclu avec l’État concernant un transfert de gestion des sociétés concernées. Ils assurent qu’aucun protocole, arrangement ou acte de renonciation aux droits des propriétaires n’a été signé, même de manière temporaire.

La famille Ravatomanga met également en garde contre les conséquences qu’une telle décision pourrait avoir sur le climat des affaires. Selon elle, si des propriétaires peuvent être écartés de la gestion de leurs entreprises sans consultation préalable, cela risque de fragiliser la confiance des entrepreneurs et des investisseurs souhaitant engager des capitaux à Madagascar.

Dans cette lettre ouverte, elle dénonce aussi des actes d’intimidation, des menaces et des traitements jugés incompatibles avec le respect de la dignité humaine à l’encontre de collaborateurs du Groupe SODIAT, alors qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée contre le groupe.

Par ailleurs, la saisie de plusieurs biens a été vivement critiquée. La famille affirme que des véhicules appartenant aux concessions automobiles du groupe ainsi qu’à certains employés, de même que des avions et des hélicoptères du Groupe SODIAT, seraient actuellement utilisés par l’État. Elle soutient également que certains actifs seraient proposés à la vente alors que les mesures ordonnées sont censées être provisoires et conservatoires.

S’interrogeant sur la finalité de ces décisions, la famille Ravatomanga estime qu’il est difficile de parler de simples mesures conservatoires lorsque les biens concernés sont utilisés, dépréciés ou susceptibles d’être cédés avant même qu’une décision définitive ne soit rendue.
 

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