À Madagascar, l’affaire Maminiaina (Mamy) Ravatomanga continue de susciter de vives réactions. Dans une lettre ouverte datée du 5 juin 2026, la famille de l’homme d’affaires malgache, fondateur du Groupe SODIAT, dit vouloir alerter sur les conséquences judiciaires, économiques et sociales des mesures prises à l’encontre de plusieurs sociétés liées à son environnement économique.
Cette prise de parole intervient alors que Mamy Ravatomanga demeure au cœur de procédures légales à Madagascar et à Maurice. À Maurice, il est détenu dans le cadre d’une enquête de la Financial Crimes Commission (FCC). À Madagascar, plusieurs décisions du Pôle anti-corruption d’Antananarivo ont visé des avoirs et des entreprises associées au Groupe SODIAT ou à son entourage économique.
Dans sa lettre, la famille Ravatomanga affirme ne pas contester le principe de la lutte contre la corruption. Elle reconnaît que cette lutte est nécessaire. Mais elle estime que celle-ci doit être conduite dans le strict respect de l’État de droit, de la présomption d’innocence, du droit à la défense, du droit de propriété et de la sécurité juridique.
Le principal point de préoccupation concerne les mesures d’administration provisoire, de saisie conservatoire et de restrictions bancaires imposées à plusieurs sociétés. Selon la famille, ces décisions auraient entraîné une désorganisation profonde des entreprises concernées : suspension de dirigeants, perturbation des opérations, blocage de comptes, incertitude pour les salariés et difficultés pour les partenaires économiques.
La famille rappelle que le Groupe SODIAT est un groupe privé, construit depuis plusieurs décennies avec des capitaux privés. Elle affirme que les propriétaires des sociétés concernées n’auraient pas été consultés avant leur mise sous administration provisoire. Aucun accord, aucun protocole et aucun transfert volontaire de gestion n’auraient, selon elle, été conclus.
Cette situation pose, d’après la famille Ravatomanga, une question de principe : jusqu’où peut aller une mesure conservatoire avant de devenir une sanction de fait, alors qu’aucune condamnation définitive n’a encore été prononcée ?
La lettre évoque aussi l’utilisation alléguée de certains actifs placés sous contrôle, notamment des véhicules, des avions et des hélicoptères. La famille estime que des biens saisis ou conservés doivent être protégés, inventoriés et gérés de manière transparente, sans dépréciation ni usage susceptible de créer une situation irréversible.
Au-delà du cas SODIAT, la famille Ravatomanga lance un appel aux institutions, aux organisations professionnelles, aux Églises, aux partenaires internationaux, à la société civile et au peuple malgache. Elle demande vigilance et respect des garanties fondamentales.
Pour la famille Ravatomanga, l’enjeu dépasse le destin d’une famille ou d’un groupe économique. Il concerne la confiance des investisseurs, la crédibilité des institutions et l’avenir du climat des affaires à Madagascar.