L’Afrique entame l’année 2026 sur des bases économiques relativement solides, marquées par un recul progressif de l’inflation, une amélioration des équilibres extérieurs et un retour de certains marchés émergents africains sur les marchés financiers internationaux.
Cependant, cette dynamique est aujourd’hui fragilisée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Selon le rapport Africa Economic Compass de MCB Research, ce choc externe se transmet notamment par la hausse des prix de l’énergie, la volatilité des marchés financiers et pourrait également peser sur la demande mondiale.
Le prix du Brent, qui a brièvement atteint les 120 dollars le baril avant de repasser sous les 100 dollars après l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire, illustre cette instabilité persistante.
Dans ce contexte, la croissance en Afrique subsaharienne, initialement estimée à 4,5 % en 2026, pourrait être revue à la baisse à 4 % dans un scénario modéré, et à 3,4 % en cas de tensions prolongées.
Les pressions inflationnistes pourraient ralentir le processus de désinflation engagé, en raison de la hausse des coûts de l’énergie, du transport et des intrants agricoles. Dans ce contexte, les banques centrales devraient adopter une approche plus prudente en matière de politique monétaire.
Les devises africaines pourraient connaître une volatilité accrue à court terme, avec des risques de dépréciation plus marqués en cas de prolongation du conflit, dans un environnement de dollar fort et de baisse de l’appétit pour le risque.
Par ailleurs, les retombées indirectes pourraient affecter certains secteurs clés, notamment le tourisme et les flux financiers. Les investissements et transferts en provenance des pays du Golfe pourraient être retardés ou réorientés, pesant sur certaines économies africaines.
Toutefois, l’impact reste contrasté. Les pays exportateurs de matières premières, notamment de pétrole et de minerais stratégiques comme le cuivre, pourraient bénéficier de la hausse des prix sur les marchés internationaux.
Malgré ces incertitudes, l’Afrique conserve des atouts structurels importants, notamment sa dynamique démographique, son potentiel d’innovation ainsi que les opportunités liées à la transition énergétique et aux minerais critiques.