L’Afrique du Sud s’apprête à renforcer considérablement sa politique migratoire. Face à la montée des tensions liées à l’immigration irrégulière et à un climat social marqué par un chômage persistant, le président Cyril Ramaphosa a annoncé une série de mesures destinées à lutter contre l’entrée et le séjour illégaux sur le territoire.
Lors d’une allocution télévisée à la nation, le chef de l’État sud-africain a présenté un plan articulé autour de plusieurs axes : un contrôle accru des frontières, un durcissement des sanctions contre les employeurs recrutant des travailleurs sans papiers, la création de tribunaux spécialisés pour accélérer les procédures d’expulsion ainsi que la mise en place d’un registre biométrique national destiné à lutter contre la fraude identitaire.
Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu. Ces dernières semaines, plusieurs manifestations hostiles aux étrangers ont été organisées dans différentes régions du pays. Des groupes anti-immigration réclament le départ des migrants en situation irrégulière et ont fixé au 30 juin comme date limite symbolique. Dans certaines localités de la province du Cap-Occidental, des centaines de ressortissants africains ont fui leur domicile après des actes d’intimidation signalés de porte à porte.
Reconnaissant que l’immigration clandestine exerce une pression supplémentaire sur les services publics, Cyril Ramaphosa a toutefois fermement condamné toute forme de justice populaire. Il a rappelé que seules les autorités compétentes sont habilitées à appliquer la loi et a mis en garde contre les campagnes de désinformation alimentant les tensions sur les réseaux sociaux.
Le président a également souligné que l’Afrique du Sud demeure un pays construit sur les migrations et qu’il n’y a « aucune place pour la xénophobie ou l’intolérance ». Selon les chiffres officiels, plus de trois millions d’étrangers vivent actuellement dans le pays, soit environ 5 % de la population.
Avec un taux de chômage avoisinant les 33 %, l’un des plus élevés au monde, la question migratoire s’impose désormais comme un enjeu majeur du débat politique sud-africain. Les nouvelles mesures annoncées visent, selon Pretoria, à concilier sécurité, respect de la loi et stabilité sociale dans un contexte de fortes tensions économiques.